بسم الله الرحمن الرحيم
Une fois que corps adamique et Jinni Qarîn iblisien sont assemblés, mariés, Nafs est formée : elle est ce qui survivra quand le corps disparaîtra, et tout l’enjeu pour elle, pour survivre dans l’honneur plutôt que la déchéance, est de s’élever vers L’Esprit Divin plutôt que de rester au niveau du Shayt ; et ça, elle ne peut le faire que parce que, tout au long du mariage entre le corps et le Jinni, s’opère sur elle, depuis le corps adamique, le transfert de Ruh avec l’esprit muhammadien (comme s’opère sur elle, d’ailleurs, le transfert du Shayt du Jinni)1 :
Car à la base, Ruh n’est que l’ensemble {corps + esprit muhammadien + Esprit Divin} ; mais quand cet ensemble vient intégrer le Jinni, Ruh devient {(corps + Jinni = Nafs) + esprit muhammadien + Esprit Divin} ; donc, en même temps qu’elle tombe sous l’influence du Shayt dont elle s’imprègne également, Nafs devient dépositaire du Ruh et se lie à L’Esprit Divin.
Mais si, entièrement saisie par l’influence néfaste du Shayt et plombée par les passions, les attachements autres qu’ALLAH ﷻ, et les péchés, elle en vient à rompre le lien de l’esprit muhammadien entre elle et ALLAH ﷻ, elle perd de fait la connexion avec ALLAH ﷻ et chute irrémédiablement dans les ténèbres et le feu.
Car l’influence du Shayt, quasi immédiate, insistante, permanente, est bien plus prégnante que celle de Ruh : c’est que Ruh est restreint car ALLAH ﷻ Se voile, et Nafs est d’emblée livrée au matraquage du Shayt, donnée en pâture — et c’est le début de l’épreuve du Dunya (car ALLAH ﷻ Se mérite) ; mais au milieu de tout le décorum du monde matériel et des besoins biologiques élémentaires, sur lesquels va s’appuyer le Shayt pour maintenir Nafs à son niveau (c’est-à-dire au plus bas) en créant passions et addictions, ALLAH ﷻ va multiplier les signes de Sa Présence et demeurer à l’affût (« certes ton Seigneur demeure aux aguets » : 89:14) d’une intention de Son Serviteur de se rapprocher de LUI : et il ne LUI suffira que d’une intention sincère pour activer sérieusement Ruh jusque-là en mode restreint ; ensuite, c’est à l’avenant, et ALLAH ﷻ (Se) donne crescendo en proportion des efforts de Son Serviteur : celui-ci fait un pas vers LUI (il se soumet par exemple), Il lui inspire la foi (Il lui donne la piété) : « Quant à ceux qui se mirent sur la bonne voie, Il les guida encore plus et leur inspira leur piété. » (47:17).
Ainsi, Nafs est d’emblée mise en difficulté par un déséquilibre délibéré des forces, des pôles d’attraction : à la fois dotée de ces deux composantes que sont le Ruh et le Shayt, qu’elle hérite pour l’une du corps adamique, pour l’autre du Jinni (une à sa droite, une à sa gauche — une en-haut, une en-bas), elle doit d’abord subir de plein fouet l’influence du Shayt — et c’est seulement si elle a une intention sincère de revenir à ALLAH ﷻ que Ruh entrera sérieusement en scène : alors commencera la vraie lutte, le vrai Jihad, le conflit intérieur qu’est ce tiraillement permanent entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres, entre La Présence de l’évocation et l’oubli des passions.
1 Ces transferts de Ruh (depuis le corps vers Nafs) et du Shayt (depuis le Qarîn vers Nafs) sont des processus complexes, évolutifs et variables : ils se font sur du long terme et ne sont pas immédiats.





