بسم الله الرحمن الرحيم
Quand le Jinni Qarîn, de concert avec le corps adamique, est tourné vers L’Esprit Divin et qu’il se consacre pleinement aux adorations, on peut dire qu’il est synchrone et que « le cœur y est1 » : tout est question de synchronicité, car la création est une horlogerie de haute précision, un mécanisme parfaitement assemblé et ajusté par Le Créateur ; et si l’âme humaine n’est pas entièrement (corps adamique ET Jinni iblisien) tournée vers L’Esprit Divin Qui la règle, elle se coupe de cette harmonie parfaite et se trouve en décalage — et le décalage tourne vite au naufrage, à la perdition.
C’est la raison pour laquelle l’observance du temps des prières est fondamentale : ça n’est pas pour le plaisir de soumettre arbitrairement les croyants que ce temps est rigoureusement fixé, c’est parce qu’il correspond à des moments bien précis du cycle de l’horloge de la création, avec quoi il faut être parfaitement raccord si on veut être en phase avec ALLAH ﷻ, dans la paix de Sa Présence.
Car la création (celle que nous connaissons : l’univers muhammadien) correspond elle-même à un Temps global (celui d’Une Inspiration, d’Une Pensée d’ALLAH ﷻ2) qui la contient : elle a — elle EST son Temps qui la détermine, car le Temps est indissociable de l’univers muhammadien : c’est ainsi qu’ALLAH ﷻ jure par le Temps et nous indique que, par lui, est en perdition (en décalage plus ou moins grave) l’homme qui ne se consacre pas à l’adoration qui s’y trouve inscrite en échéances fixes : car l’adoration est réglée sur des moments précis fixés dans le Temps — et faillit quiconque ne s’y conforme pas.
Si le corps adamique, par Ruh, est bien réglé sur ce Temps, sur ce rythme (du moins à la base, à son état de Fitra), le Jinni iblisien, en revanche, n’y est pas du tout soumis : instable par nature, rebelle, transgresseur, porteur de la contradiction, il cherche toujours à se détourner d’ALLAH ﷻ et de Son Ordre — à commencer par Son Ordre Temporel Qu’il fuit ; et non seulement il faut que le corps le soumette, mais encore c’est lui qui risque de détourner son compagnon adamique de sa prime nature — un peu comme le cheval sauvage désarçonne le cavalier censé le maîtriser ; et même l’esprit du pieux, s’il est conçu PAR adoration et POUR adorer3, ne peut le faire pleinement qu’associé au corps adamique : sinon (sans ce canal du corps et de Ruh), il reste un électron libre livré à lui-même, et à son Shayt certes réduit.
Avec la piété se développe la synchronicité et l’intuition des temps d’adoration : par elle, les jeûnes et les prières se font plus fréquents, mais surtout extraordinairement précis4, car l’âme synchronisée y est spontanément appelée, l’horloge biologique étant réglée sur l’adoration exclusive ; c’est ainsi que, non seulement les pieux n’ont pas besoin de calendrier, d’horloge murale ou de montre (ni même d’observer le ciel) pour connaître les moments légiférés de l’adoration, mais encore ils sont appelés, de l’intérieur, à des moments spécifiques réservés à eux seuls, qui correspondent à autant de rendez-vous secrets entre amoureux ; et il n’est pas étonnant, dans ces conditions, de voir quelque Walî se lever, de nuit, quand tout le monde dort, pour se prosterner et converser avec son Seigneur.
- Par métonymie, il faut comprendre que toute la Nafs (qui est la variable du cœur) est orientée vers L’Esprit Divin, car le Jinni iblisien est en parfaite harmonie avec le corps adamique porteur du Ruh dans l’adoration d’ALLAH ﷻ ; mais elle peut tout aussi bien être orientée vers le monde matériel, le Shayt : dans ce cas, « tout le cœur y est » également : ça fonctionne dans les deux sens. ↩︎
- On l’a déjà dit, l’univers muhammadien n’est qu’Une Pensée, Une Idée parmi d’autres d’ALLAH ﷻ — et comme telle il a/est un Temps avec un début, une fin, un déroulement selon des cycles : fini, il n’est, avec tout ce qu’il renferme (les cieux, la terre, ce qui est entre eux), qu’une goutte d’eau, un grain de poussière infinitésimal dans L’Infini de L’Esprit Divin ; mais son Temps reste soumis à La Volonté d’ALLAH ﷻ, Qui demeure Souverain en Son Royaume et Maître de Son Idée, et Qui conserve la faculté de le contracter ou dilater à Sa Guise. ↩︎
- Le prophète qui l’a exhalé ne l’a expiré que par son adoration exaltée — et c’est en vérité une multitude d’esprits saints qu’a ainsi produite son exaltation : à un moment particulièrement intense de communion avec son Seigneur, sa respiration s’est subitement accélérée sous l’effet de la transe amoureuse, son souffle est devenu plus court, et ses puissantes expirations ont donné tous les saints dérivés de lui ; autrement dit, les esprits des pieux sont issus des effets physiologiques de l’adoration du prophète, qui s’est ainsi répandue dans l’air en autant de souffles parfumés : manifestations de son amour pour ALLAH ﷻ, ils sont de purs fragments de son adoration — ils SONT adoration. Telle est la genèse des esprits des saints, des bienfaisants, des martyrs — des pieux. ↩︎
- Ils se font exactement aux moments où ils doivent être faits, conformément à La Volonté d’ALLAH ﷻ. ↩︎




