بسم الله الرحمن الرحيم
Il est tout de même incroyable — et là est tout le paradoxe de la spiritualité authentique — que l’esprit personnel/Jinni soit obligé de faire une incursion dans le monde matériel pour retourner à ALLAH ﷻ, via le corps et Ruh : sans cela, dans sa dimension (le Malakut) et sous sa forme éthérée, il En est totalement coupé — c’est pourquoi il a besoin du corps qui agit un peu comme une antenne, qui permet de capter La Fréquence Divine mais aussi d’émettre vers Elle.
Il ne doit donc pas négliger cette opportunité éphémère que représente la matérialité (s’il est des Jinn destinés à intégrer un corps) de communiquer avec LUI : le monde sensible ne sert qu’à ça ; en d’autres termes, il faut descendre pour s’élever : descendre dans le Nasut pour s’élever au-dessus du Malakut et, dépassant le Jabarut, atteindre la zone tampon aux confins du créé et de L’Incréé.
Le corps doté de Ruh, donc, agit comme une antenne qui permet au Jinni de capter Le Divin ; et pour s’élever vers ALLAH ﷻ, il ne doit surtout pas « manquer » cet ascenseur que représentent le corps et l’expérience sensible bien comprise — c’est-à-dire qu’il ne doit pas négliger leur potentiel d’élévation pour se complaire dans les seuls artifices du Dunya, ou se réfugier, par la rêverie ou le fantasme, dans ce monde de l’imaginaire qu’est le Malakut ; car il est plus sûr de chercher ALLAH ﷻ (si tant est qu’on en ait l’intention) dans le monde matériel, à l’aide du corps doté de Ruh, à travers les adorations et les saints incarnés, que dans les cieux intermédiaires du Malakut, où le Jinni se détache et s’échappe inévitablement, alors livré à lui-même (à moins qu’il ne jouisse, via la Rabita, d’un lien spirituel avec un Walî) dans cette zone mal famée — cette banlieue céleste : ça, c’est au mieux de l’oubli si ça consiste en rêverie, et de la spiritualité de bazar si ça consiste en pratiques ésotériques douteuses consistant avec flirter plus ou moins consciemment avec les Jinn éthérés ; et dans tous les cas, une voie de garage car ça ne mène qu’au feu.
Le Jinni incorporé ne peut donc retrouver Le Divin que par les sensations du monde sensible : s’il n’entreprend pas ce cheminement avec une intention sincère, après avoir pris connaissance du message, il est perdu ; et le Jinni éthéré ne peut le faire que dans la compagnie de ses congénères incorporés pieux auprès desquels il doit apprendre la foi, plutôt que de répondre aux sollicitations d’assistance de certains hommes, dans le cadre de pratiques douteuses comme la sorcellerie ou la voyance ; car le Nasut, paradoxalement, au delà de ses artifices et de son décorum, est LE lieu du dévoilement et de la guidée, alors que le Malakut est par excellence le lieu du voilement et de l’égarement, où tournent les têtes et les cœurs.

