بسم الله الرحمن الرحيم
Certains courants islamistes nous rebattent les oreilles avec l’immigration dans un pays soi-disant musulman — la Hijra — qu’ils nous vendent comme une obligation.
Alors Hijra, oui, mais pas dans n’importe quelles conditions : la Hijra est une solution de dernier recours, pas une solution de confort ; elle doit se faire quand on ne peut plus pratiquer sa religion ni appeler à ALLAH ﷻ, et que sa vie est clairement menacée : les compagnons du Prophète ﷺ n’ont pas délaissé leurs vies à la Mecque comme on décide de partir en vacances ; pour certains ça a pris beaucoup de temps et ça ne s’est fait qu’après de gros dégâts : ils ont vraiment attendu le dernier moment et la certitude qu’il n’y avait plus d’espoir — et c’était pour mieux revenir après.
La priorité reste l’appel — le Daʿwa : tant qu’il existe la moindre ouverture, la moindre possibilité de prêcher où on se trouve, on doit y rester et œuvrer à la prédication ; or, ce qu’on nous vend, c’est abandonner des territoires entiers à la mécréance pour cultiver un entre-soi sur fond d’orgueil — car il va de soi qu’on se sent meilleur que ces kafirun et qu’on ne veut pas rester à leur contact ; or, il y a moyen de vivre sur le même territoire qu’eux, de s’efforcer de leur faire l’appel, sans se mêler à eux au risque de les apprécier et de subir leur influence — car aimer un mécréant altère nécessairement la foi : on finit par lui trouver des excuses, et par relativiser ses comportements contraires à la Shariʿa.
Et puis la Hijra, certes — mais pour aller où ??? Il n’existe pas de Califat légitime, et aucun État dans le monde n’applique strictement la Shariʿa ; donc autant s’atteler à l’instaurer où on se trouve, plutôt que de fuir vers un pays en apparence islamique mais en vérité soumis au Taghut.
Et puis la vraie Hijra est spirituelle : elle consiste à délaisser tous les attraits du bas monde pour ne chercher que La Face d’ALLAH ﷻ ; qu’on s’applique déjà à faire cet effort plutôt que de choisir la facilité du voyage physique.
Et que chacun reste chez soi pour y faire son travail — et les vaches seront bien gardées : les Arabo-maghrébins au Maghreb, où il reste un gros travail à accomplir en matière de Daʿwa (ne serait-ce que de revivification), et les Européens en Europe où tout reste à faire.





