بسم الله الرحمن الرحيم
Si l’on veut bien accepter l’idée qu’Ismaël (la Paix soit sur lui), fils d’Abraham (la Paix soit sur lui), est le père des Arabes et des musulmans historiques, il y a dans son origine une symbolique non dénuée d’intérêt : en effet, quand Isaac (la Paix soit sur lui) est le fils de l’épouse légitime, Ismaël est celui de la servante Agar — de la bonniche.
De là à dire que l’islam est la tradition du service et de l’humilité, de l’extraction modeste, il n’y a qu’un pas qui se confirme quand on fait une sociologie sommaire des peuples de tradition islamique : ainsi, on ne peut que constater qu’ils sont globalement parmi les plus pauvres de la planète (les moins riches en tout cas), et asservis aux puissances occidentales dominées par les descendants d’Isaac.
Et même les Arabes fortunés comme les saoudiens ne doivent leur fortune qu’aux occidentaux, qui ont mis en place cette dynastie de manière à pouvoir s’assurer le contrôle du pétrole du Hijaz ; mais on voit bien que, sous le vernis des pétrodollars, on n’a affaire qu’à de « vulgaires » bédouins.
Bref, cette « basse » extraction reste prégnante, et étroitement attachée au monde Arabe — et par extension au tiers monde, aussi bien dans sa dimension géographique que sociale : car finalement, tous les peuples « défavorisés » (on pense aux peuples de l’hémisphère Sud) et les prolos du monde ont plus ou moins vocation à se rapprocher des Arabes musulmans ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on s’ingénie, dans les pays occidentaux, à opposer les petites gens du cru aux immigrés musulmans, en agitant les clivages culturels et ethniques — car on sait parfaitement que ces clivages, hélas réels, contribuent à effacer la solidarité de classe qui ne manquerait pas d’émerger si tous ces gens se rendaient compte qu’ils partagent en fait les mêmes valeurs — savoir : famille, travail, et surtout foi : une foi innée puisque relevant de la Fitra, et qu’on s’évertue à étouffer.
Car la foi bien comprise n’oppose pas les pauvres du monde : autant elle oppose une certaine « élite » (bourgeoise, rebelle, dégénérée) aux peuples (dans leur prime nature) — et là est le vrai clivage dans l’absolu —, autant elle doit rassembler ces populations modestes pas trop éloignées des réalités de La Loi Divine ; car la vraie foi ne peut surgir que de cœurs humiliés par l’ascèse et le dépouillement matériel (qui s’imposent de fait à ces populations modestes), cependant qu’elle ne peut atteindre quiconque s’attache viscéralement aux biens de ce monde, les amasse et les compte ; c’est donc nécessairement au pauvre assumé (qu’il soit un paysan occidental ou un bédouin du désert), soumis dans sa condition de démuni (qu’il accepte pleinement), qu’échoit la foi.
Et la lignée d’Ismaël est par essence de cette condition.





