بسم الله الرحمن الرحيم
On dit souvent, pour caractériser certains comportements humains, que « c’est dans la nature de l’homme », ou « c’est la nature humaine ».
Certes.
Mais quelle nature exactement ?
L’homme, à la base, a une prime nature — et c’est la Fitra : celle qui consiste pour lui à adorer ALLAH ﷻ dans la noblesse du comportement ; voilà exactement la première nature de l’homme, sa nature fondamentale qui prédomine sur toutes les autres, et c’est d’ailleurs par cette nature — mais altérée, détournée — qu’il a cette fâcheuse tendance à adorer tout et n’importe quoi : il a en lui ce besoin viscéral d’adorer, mais comme il a perdu de vue (distrait qu’il est par le monde matériel et ses artifices) L’Unique Objet d’adoration pour Lequel il a été créé — ALLAH ﷻ —, il reporte son besoin intrinsèque d’adorer sur une multitude de veaux d’or.
On sait donc qu’ALLAH ﷻ a « créé l’homme dans la forme la plus parfaite », puis qu’Il l’a « ramené au niveau le plus bas » : c’est-à-dire que, par le mariage du corps adamique doté du Ruh (l’homme dans la forme la plus parfaite) avec un Jinni qui porte en lui le serment de corruption de son ancêtre Iblis et l’inclination au mal (le Shayt), Il a créé un ensemble animé qu’on appelle Nafs, et qui d’emblée subit l’influence du Shayt jinnique et tombe au plus bas degré de moralité — celui d’une âme exclusivement tournée vers elle, égocentrée, ne répondant qu’aux suggestions du Shayt qui l’incite à jouir et à se satisfaire ; et c’est ainsi que, de l’homme parfait (le corps adamique insufflé du Ruh), on passe à l’âme instigatrice du mal (An-Nafsu Al-Ammara bi As-Su’i) — et nous voilà donc avec la seconde nature de l’homme, celle qui finit par occulter la première au point qu’on ne connaît plus qu’elle comme nature humaine.
Et c’est ainsi qu’on en vient à réduire et résumer l’homme à ses mauvais penchants — et on en revient au constat introductif : qui n’a jamais entendu dire avec fatalisme, face à un homme qui se conduit mal, qui piétine son prochain, le calomnie, le vole, l’envie… : « C’est comme ça, c’est dans la nature humaine… » ? ; c’est juste qu’on a oublié la vraie nature de l’homme, qui est d’adorer ALLAH ﷻ sans rien LUI associer, et de se comporter de manière irréprochable pour témoigner de sa crainte et de son amour pour son Créateur : la vraie nature humaine, c’est la pudeur, le discrétion, le service, le pardon, l’humilité, la miséricorde, la justice… : autant d’attributs de la Fitra qu’on arrive à retrouver en chaque homme — mais noyés, disséminés, éparpillés, marginalisés dans le cœur au milieu du marécage des mauvais attributs qui se sont développés.
À tel point que, quand ces attributs de la prime nature se manifestent chez quelqu’un, on s’en émerveille comme s’il s’agissait de qualités exceptionnelles — alors qu’elles sont la base, le fondement de la nature humaine ; et qu’il faut purifier intégralement cet assemblage — corps adamique et Jinni Qarîn — qu’est Nafs pour les retrouver pleinement : purifier le corps de toutes ses souillures consécutives à ses péchés, et du Shayt du Jinni qui l’a corrompu en s’infiltrant dans son sang ; et le Jinni Qarîn de sa rébellion originelle — sans quoi elle risque de réinvestir le corps purifié à tout moment.
Et c’est uniquement par le Ruh du corps que peut s’accomplir ce travail, d’où l’importance déterminante du corps dans le processus de purification, dans les adorations : c’est par lui que doit nécessairement passer le cheminement spirituel, et c’est pourquoi il convient de le soumettre par le jeûne, la prière, l’aumône, le pèlerinage, la profession de foi — c’est-à-dire par la religion Al-Islam bien comprise ; mais cette soumission du corps doit absolument être faite avec l’intention de purifier le Jinni, de convertir et soumettre le Qarîn, sinon elle est vaine ; et cette intention se cristallise dans le Dhikr, qui est l’esprit des adorations1.
1 Le Dhikr est l’esprit, la sincérité est l’esprit de l’esprit, et l’esprit muhammadien est le secret de l’esprit que révèlent les prières sur le Prophète ﷺ.





