بسم الله الرحمن الرحيم
Le monde sensible est le lieu de La Manifestation de L’Esprit : Toutes Ses Pensées ne se manifestent pas (heureusement pour nous) dans le monde sensible, mais tout le monde sensible, sans exception, est Manifestation de Sa Pensée1 Qui ne S’arrête jamais (quand le Ghayb est Sa Pensée Cachée).
Quand ALLAH ﷻ (Qui est donc Pur Esprit) décide d’une chose, Il lui dit seulement : « Sois ! », et elle est, aussitôt — c’est-à-dire qu’elle se manifeste dans le monde sensible, et ce sont les anges qui la font passer de l’état de Pure Pensée Impalpable à l’état de Pensée Formalisée, Exprimée, en l’amenant aux esprits sous la forme de sensations2 ; et s’Il ne lui dit pas : « Sois ! », elle demeure à l’état de Pure Pensée relevant de l’invisible, du Ghayb, du non manifesté : à l’état de Pensée Secrète.
C’est ainsi que nous autres, créatures « vivantes », ne sommes jamais que Pensées Actives et Actuelles — comprendre : Manifestes, Exprimées — d’ALLAH ﷻ : si nous avons un semblant d’existence dans ce monde matériel, c’est qu’Il est en train de nous penser activement comme devant être, pas comme arrière-pensées — comme un écrivain en pleine composition est en train de déterminer le sort de ses personnages ; ou plutôt, nous évoluons dans le cadre d’un programme qui nous voit agir selon ce qu’Il a préalablement pensé, prédestiné — mais toujours avec Un Regard Actuel de Sa Part sur nous pour réviser Sa Pensée Première et L’ajuster au besoin, en fonction notamment de nos intentions et de nos choix relevant du libre arbitre : un peu comme un musicien qui, après en avoir fait une démo et sur la base de ce support préalablement enregistré, de cette maquette, réécoute un morceau et le modifie au gré de sa volonté.
S’Il nous « oublie », nous cessons d’être, tout simplement — mais comme Sa Mémoire est infaillible et qu’Il n’oublie rien, c’est juste qu’Il a décidé de nous reléguer dans un secteur de Sa Pensée, en arrière-plan, qui est moins actuel que Sa Pensée Première Qu’Il manifeste, Qu’Il exprime dans le monde sensible : Il a choisi de nous occulter, de ne plus nous exprimer, de nous soustraire de la perception des autres créatures — effaçant en elles jusqu’au souvenir de nous (et c’est ainsi que « celui qui te hait sera sans postérité » : purement et simplement éradiqué des mémoires).
C’est ainsi que tout ce qui fait notre existence qui nous paraît si complexe, si précieuse — nos joies, nos peines, nos amours, nos espérances… —, ne relève que de Sa Pensée.
Ne tient qu’à l’arbitraire de Ce Fil3.
Et il en est encore, parmi nous, qui croient pouvoir se permettre de faire les malins plutôt que de Le Craindre comme Il mérite d’être craint, et de faire le choix de se tourner vers LUI avec humilité et obéissance.
Car s’Il nous pense intégralement, Il nous a tout de même laissé cette petite marge de manœuvre qu’on appelle libre arbitre, et qui nous permet d’avoir l’intention ou non — qu’on nous y invite ou pas — de retourner à LUI ; et notre devenir, en tant que Pensées Manifestées d’ALLAH ﷻ, ne dépend que de cette infime marge de manœuvre — et encore ! ; c’est ainsi qu’Il ne tient qu’à nous qu’Il décide de nous penser comme combustible de l’enfer (c’est-à-dire de n’être pour LUI que Pensées Désagréables alimentant Son Courroux), ou comme lumière du paradis (c’est-à-dire de n’être pour LUI que Pensées Agréables Le réjouissant et entraînant Sa Satisfaction) ; autrement dit, soit nous devenons des Pensées qui L’agacent et qu’Il refoule (qu’Il met au feu de Son Esprit à des fins de révision, de correction, de redressement), soit nous devenons des Pensées qui Le réjouissent et qu’Il Se plaît à entretenir (qu’Il met au Premier Plan — Le Plus Radieux — de Son Esprit, afin de les développer et entretenir).
À moindre échelle, cette loi est la même pour les hommes : le monde sensible — qui est le monde des corps — est le lieu où s’expriment et se manifestent par les sens leurs esprits, leur dimension jinnique, leur imaginaire : le lieu du passage à l’acte où les fantasmes, les concepts, les idées, prennent corps et formes et deviennent « réalités » qu’on éprouve pleinement par les sens ; le lieu ou les intentions deviennent des actions avec des enchaînements de conséquences.
1 Le monde sensible est Sa Pensée Manifeste — c’est-à-dire ce qu’Il manifeste de Sa Pensée Créatrice, avec certaines créatures comme simples spectatrices, et d’autres comme témoins : car Il permet à certaines de témoigner, par le monde sensible, de Sa Présence, quand Il ne permet à d’autres que de voir le monde sensible sans Le voir LUI ; le monde sensible est alors ce qui Le voile, et ils ne témoignent par lui que de lui : en d’autres termes, ils ne croient que ce qu’ils voient ; un peu comme certains initiés voient le truc de l’illusionniste (donc l’illusionniste dans l’exercice de son art), quand d’autres ne voient que l’illusion : l’illusion cache alors le truc et, en subjuguant les spectateurs, occulte l’illusionniste qui passe au second plan ; quoiqu’il en soit, quand ALLAH ﷻ nous envoie les sensations du corps et du monde sensible, c’est comme s’Il nous disait implicitement : « Trouvez-Moi, voyez-Moi, ressentez-Ma Présence dans tout ça ! » ; alors certains, éveillés et attentifs dans leur contemplation du monde, seront sensibles à cette quête, quand d’autres ne verront dans le monde, superficiellement, le rapportant à eux-mêmes au lieu de le rapporter à ALLAH ﷻ, que décoration, divertissement, source de joies et/ou de peines… — bref, qu’aléas et contingence.
2 Je ne suis conscient de l’arbre comme chose manifeste que parce que j’en ai la vision (je vois sa silhouette), l’audition (j’entends le bruissement de ses feuilles), l’odeur (je sens l’odeur de sa sève), le toucher (je peux éprouver la rugosité de son tronc)… : n’étaient ces sensations qui me donnent l’illusion de son existence, de sa réalité, l’arbre me serait totalement inconnu, et ne serait qu’une des choses parmi les innombrables qu’ALLAH ﷻ conserve par devers LUI en Pensées Cachées, en Pensées Secrètes.
3 Certes, le libre arbitre nous confère une marge de manœuvre mais, dans l’absolu, ALLAH ﷻ reste Le Seul Maître et fait de nous ce qu’Il veut — et là réside l’arbitraire de Sa Pensée, de Sa Volonté ; ce qui faisait souvent dire à Sayyidina Muhammad ﷺ, en évoquant son Créateur et en jurant par LUI : « Par celui Qui tient mon âme entre Sa (Ses) Main(s) ! »





