بسم الله الرحمن الرحيم
Le règne de Jésus, quand il reviendra, ne sera pas politique mais spirituel : il régnera dans les cœurs.
Toutefois, ce règne ne saurait advenir sans Muhammad ﷺ, dont le rôle est de rétablir la vraie foi et la vraie religion afin de préparer les cœurs à accueillir Jésus, en y ôtant toutes les faussetés et inexactitudes résultant des interprétations des hommes : ainsi, avec Muhammad ﷺ, plus de Trinité mais l’Unicité de rigueur, plus de « fils », plus de mort par crucifixion1…
Donc, Jésus ne saurait revenir que par l’islam au sens de tradition primordiale, de religion abrahamique — au-delà même de la « petite » tradition islamique qui tend à se replier sur elle-même autour de la secte wahhabo-salafiste (au lieu de s’universaliser comme c’est pourtant sa vocation), à cultiver l’entre-soi, à demeurer dans cette espèce d’arabité élitiste autour des « docteurs de la Loi » du Hijaz.
Ainsi Muhammad ﷺ n’a pas été envoyé pour fédérer une communauté fermée autour de sa personne, mais pour ouvrir, pour rassembler l’humanité dans la tradition primordiale abrahamique en vue du retour du Messie.
Et quand ce dernier sera là, son règne sera donc spirituel : il ne sera pas physiquement présent, mais son esprit habitera tous les cœurs des croyants autonomes (des musulmans au sens de « soumis à ALLAH ﷻ ») — et cette lumière sera suffisante pour faire régner la Paix et l’harmonie dans ce monde terrestre : car, on l’a déjà dit, la vraie foi arrivée à maturité consiste à savoir se passer de Shaykh physique pour faire émerger son Shaykh intérieur, son messager intérieur — son Messie intérieur2.
- Si Jésus a bien été mis en croix, sa mort ne résulte pas de cette crucifixion, mais de L’Intervention d’ALLAH ﷻ Qui a envoyé l’ange de la mort prendre son âme aux fins de l’élever vers LUI — avant-même que la crucifixion puisse produire ses effets létaux : en d’autres termes, les hommes ne l’ont pas tué ni crucifié (au sens létal du terme), mais c’est ALLAH ﷻ LUI-même Qui lui a donné la mort conformément à Sa Parole (3:55), car il ne seyait pas au Messie qu’il pût mourir des mains de tout autre qu’ALLAH ﷻ ; mais c’est bien « ce qu’il leur sembla » (4:157), car les hommes étaient persuadés d’avoir eux-mêmes tué Jésus en le crucifiant. ↩︎
- Ce Messie intérieur est en fait une dimension de l’esprit muhammadien — comme le prophète Jésus est une déclinaison de la lumière muhammadienne, au même titre d’ailleurs que Muhammad ﷺ comme personnage physique. ↩︎



