D’esprit à âme

  1. Quand on dit qu’ALLAH ﷻ « enlève l’âme », c’est tout simplement qu’il rompt l’union corps + Jinni — ce qui de fait entraîne la disparition de l’âme qui n’est jamais que ce couple : en d’autres termes, Il supprime l’âme. ↩︎
  2. Quand les mourants disent qu’ils voient défiler leur vie, c’est qu’ils sont à cet instant précis de la mort où le Jinni grave ces souvenirs du corps et du monde matériel, rassemblés en une sorte de synthèse. ↩︎
  3. Un corps qu’a quitté le Jinni est soit le corps d’un défunt ou d’une personne inconsciente (dans le coma, anesthésiée, en sommeil profond…) ; soit le corps d’un pieux vivant ayant réalisé Al-Fana (voire Al-Baqa), et qui a éradiqué la partie clivante de son esprit personnel — à savoir le Shayt (même les pieux ont un Shayt) et certains éléments du proprium (caractère, inclinations et goûts…) — pour n’en garder, outre les éléments basiques du proprium (nom générique et image de synthèse), que cette partie lumineuse spécifiquement dédiée aux pieux afin qu’ils puissent accomplir leur mission terrestre. ↩︎
  4. D’où la dégradation progressive du corps au cours de la vie matérielle, puis le phénomène de décomposition après la mort (sauf le corps du pieux que le Jinni n’a pas corrompu, puisqu’en fait de Jinni il s’agit d’un pur esprit créé du souffle d’un prophète, avec un Shayt anecdotique dénué de toute faculté de développement) ; car cet agent pathogène qu’est le Shayt du Qarîn, en s’infiltrant dans le corps et en s’y développant, l’a irrémédiablement contaminé et corrompu — et parfois ça se manifeste en maladies comme des tumeurs cancéreuses, ou autrement, car le corps finit toujours par réagir, d’une manière ou d’une autre, à ce mal qui circule en lui. ↩︎
  5. Car, on le rappelle, certains éléments du proprium (comme l’ADN, les empreintes palmaires et digitales…) sont attachés au corps, et d’autres (comme le nom générique, l’image de synthèse…) sont d’abord attachés à l’esprit dès sa création dans l’au-delà — bien avant que le corps adamique, dans sa dimension prototypique, ne soit créé. ↩︎
  6. L’âme, au moment du décès, de l’agonie, se voit extraire (dans la douleur) les sensations du corps et du monde matériel : elle n’est donc plus, techniquement parlant, une âme (c’est-à-dire un Jinni associé à un corps), mais redevient provisoirement un Jinni isolé, avec juste des souvenirs du corps et du monde sensible ; dans la tombe, ALLAH ﷻ lui insère à nouveau les sensations du corps — mais il s’agit alors de sensations altérées, faites soit des souffrances des châtiments (les fameux châtiments de la tombe), soit de délices — qui lui confèrent le statut « d’âme de mort » ; ça n’est qu’au moment de la résurrection, qui la voit réintégrer son corps reconstitué (et donc les sensations y-attachées) qu’elle redevient une âme à part entière — une âme de vivant mais dans une nouvelle temporalité, dans une nouvelle dimension. ↩︎

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