بسم الله الرحمن الرحيم
Le Shayt du corps, comme maladie ancrée dans le sang, comme virus lié à la matière, est logiquement ce qui va attirer Nafs à cette dernière, à la vie matérielle ; faire qu’elle va se charger de tous les attachements au monde sensible, de toutes les passions, et la tirer vers le bas du cœur en la plombant ; et même va-t-il réveiller son homologue du Jinni (car il y a aussi un Shayt propre au Jinni), car c’est bien lui qui, par les tout premiers besoins biologiques (dès le plus jeune âge), va initier le jeu des tentations et stimuler son « collègue » jinnique ; lequel ne va pas être en reste, et va bien vite exercer son leadership par son atavisme iblisien — et ça se manifestera notamment par des tares d’ordre psychique (comme l’orgueil, la jalousie, la perversion…), des délires et troubles mentaux relevant de la psychiatrie, une intention marquée d’égarer… (On aura l’occasion de revenir, dans d’autres articles, sur ce double Shayt qui empoisonne Nafs.)
Et il faut vraiment que Nafs s’allège, par le repentir, de toutes ces casseroles que sont les attachements au monde matériel, les passions, les troubles psys…, pour qu’elle ait une chance de remonter — car cet allègement est le préalable du cheminement ; ensuite, une fois allégée, elle devra se détacher de l’influence du double Shayt par l’évocation — car il ne sert à rien qu’elle se débarrasse de ses tares pour rester à la merci du Shayt qui va lui en coller d’autres : c’est ainsi qu’on voit des gens se purifier de certains fardeaux lourds par le repentir, mais qui n’arrivent pas à décoller car ils restent sous l’influence du Shayt qui trouve toujours les moyens de les maintenir en-bas, au ras des pâquerettes, par des artifices (comme un Waswas qui inspire le souci, l’angoisse, le stress…) ; et ainsi qu’on trouve, inversement, des gens qui pratiquent le Dhikr d’ALLAH ﷻ, se débarrassant ainsi de l’influence du Shayt, mais qui n’arrivent pas pour autant à s’élever, car ils ne se sont pas encore débarrassés, par un repentir ciblé, du lest de leurs vices, de leurs passions, de leurs attachements au Dunya existants — même les plus insignifiants comme une petite gourmandise de l’ordre du péché mignon, une inclination à la paresse, un attachement excessif à un enfant ou un bien matériel…
Le Shayt joue donc sur Nafs un rôle d’influenceur équivalent (mais inverse) à celui de Ruh — d’autant qu’il est double : Ruh est un souffle, une insufflation qui incite/invite à ALLAH ﷻ, quand le Shayt est une insufflation qui, par tous les moyens, incite au mal (que ce soit d’ordre psychique ou matériel), avec une escalade dans la débauche allant jusqu’aux transgressions les plus extrêmes ; car une fois une déviance épuisée, le Shayt va suggérer une déviance plus transgressive, un mal plus grand — et on retrouve dans ses effets progressifs sur Nafs le même phénomène de graduation qu’on observe avec Ruh : c’est ainsi que la progression dans le mal se fait « step by step » (si Nafs n’oppose pas au double Shayt de barrières, de contre influence) — et cela mène bien évidemment à la Géhenne.





