بسم الله الرحمن الرحيم
Certes, chaque Nafs reçoit d’ALLAH ﷻ, via la ligne du flux descendant de Ruh dédiée à cet effet, un ensemble de sensations parfaitement exclusives correspondant à son destin unique : nul ne saurait avoir le même destin qu’un autre, vivre les mêmes situations qu’un autre (du moins du même point de vue), recevoir les mêmes sensations qu’un autre — car ALLAH ﷻ Se plaît à projeter de Son Unicité dans chaque homme, et chaque homme est unique.
Toutefois, ces sensations sont puisées dans une base de données préexistante, universelle, qui correspond à une réalité commune à toute l’humanité — c’est-à-dire l’Histoire du monde ; et chacun reçoit sa part de cette Histoire, dans laquelle il s’inscrit selon La Volonté d’ALLAH ﷻ — et même participe de cette Histoire, y jouant un rôle déterminé à un moment bien précis : certains y jouent un rôle notable, d’autres un rôle insignifiant — mais le plus important, pour ALLAH ﷻ, reste l’état de piété dans lequel chacun joue son rôle assigné, et son intention ou pas de revenir à ALLAH ﷻ.
Ainsi y a-t-il :
- Le point de vue de l’Histoire — et c’est d’abord Le Point de Vue d’ALLAH ﷻ, Qui en a Seul La Vision Globale, et pour cause : c’est LUI Qui l’a créée, pensée, conçue, imaginée dans ses moindres détails, depuis la majuscule d’ouverture jusqu’au point final (quant-à la discipline humaine qu’on appelle « histoire », elle ne tend qu’à se rapprocher modestement de Cette Vision Globale) ; en termes de rhétorique, c’est la focalisation zéro du Narrateur Omniscient ;
- Le point de vue de l’individu — de l’intérieur, restreint —, qui se limite aux seules sensations qui lui sont assignées, le reste relevant pour lui du Ghayb ; en termes de rhétorique, c’est la focalisation interne du personnage qui vit « son » histoire — sa petite histoire personnelle dans la grande Histoire universelle.
Le monde dans sa dimension historique, chronologique, précède donc, en termes de création, les Jinn/esprits, les corps adamiques, et les Anfus qui en sont la synthèse, car il fallait d’abord créer le cadre dans lequel ils s’inscriraient : ce qui signifie que ces esprits n’existent que par rapport au monde — ou plutôt, il n’existent que par rapport à ALLAH ﷻ, mais dans ce cadre donné qu’est le monde : cadre qui s’interpose, dans un premier temps, comme un ensemble de voiles à lever — et quel ensemble complexe ! —, avant d’apparaître comme une explosion de signes, d’Ayat, par lesquels Il n’a de cesse de manifester Sa Présence Permanente.
Et cette réalité commune qu’est le monde, dans toute la complexité de ses dimensions multiples, est donc une donnée fondamentale dans le cheminement vers ALLAH ﷻ : car, de la façon qu’on a de l’appréhender, dépend sa compréhension fine — que ce soit en termes de macro (globalement) ou en termes de micro (contextuellement) — comme clé de la connaissance d’ALLAH ﷻ Qui demeure L’Objectif Ultime ; encore faut-il avoir cette Niya de Le connaître via la compréhension du monde auquel Il nous soumet, dans lequel Il nous fait évoluer— et cette compréhension ne peut se faire qu’à l’éclairage du Qur’an et de la Sunna, par recoupements, par analogies entre les paraboles proposées et les sensations éprouvées comme « la réalité » ; car là est Sa Volonté : Se faire connaître à travers ce monde et son foisonnement de signes ; cela fait partie intégrante du cheminement, et si on ne produit pas cet effort de chercher à voir où Il veut en venir, d’essayer de comprendre ce qu’Il veut nous montrer de LUI à travers tous ces signes, on se coupe littéralement de Sa Présence : l’effort de compréhension du monde dans lequel ils vivent est donc une quasi obligation pour les croyants sincères, car elle est un passage obligé pour parvenir à La Connaissance d’ALLAH ﷻ.





