بسم الله الرحمن الرحيم
Le proprium — tous les attributs personnels de l’individu, psychiques d’une part (le caractère, l’intelligence…), et biologiques d’autre part (l’ADN, les empreintes digitales et palmaires…) — est reçu par le couple Nafs (corps + Jinni) peu après sa formation (on rappelle que le corps est déjà dépositaire du Ruh et de la science des Noms, dont le Jinni hérite comme d’une dot ; le Jinni, lui est pourvu à la base d’un nom générique1, d’une image de synthèse, et d’une voix — attributs par quoi on le reconnaît dans le Malakut, et il n’a pas besoin de plus pour évoluer dans son monde parmi ses semblables) : ainsi, du proprium, le corps reçoit tous les attributs biologiques, et le Jinni tous les attributs psychiques.
Quand le Jinni est emprisonné dans le corps humain, non seulement il perd la faculté d’échanger directement avec les autres Jinn (sans passer par la matière), mais encore il perd le souvenir de sa propre nature jinnique : la Nafs a pris le pas, et il se voit résolument (et exclusivement) comme un humain ; c’est le cheminement spirituel, au gré des états de conscience successifs, au gré des stations, qui lui permet de redécouvrir sa nature cachée de Jinni — mais ça n’est qu’une étape car le Jinni qui remonte à La Source finit par dépasser l’état de conscience jinnique pour atteindre (en théorie) l’état de Conscience Divine, en passant par tous les états successifs de la lumière muhammadienne ; car le cheminement spirituel consiste à remonter le courant de la lumière muhammadienne : ainsi, le pieux à qui est permis ce cheminement (ce qui n’est pas le cas du Jinni du mécréant voué à l’enfer, qui pourra tout au plus grenouiller dans le Malakut et y commercer avec d’autres Jinn dans le cadre d’affaires douteuses) va remonter à son prophète de tutelle, c’est-à-dire à l’état de pudeur de la lumière muhammadienne, puis à celui d’espérance, puis à celui de crainte (qui notamment est celui des anges), puis à celui d’amour, puis à celui de proximité, avant de revenir à l’état de pure lumière muhammadienne — au seuil de La Lumière d’ALLAH ﷻ.
On peut toutefois envisager que, par quelque effet de La Miséricorde d’ALLAH ﷻ, le Jinni du mécréant puisse éventuellement remonter au niveau de la conscience angélique (voire au-delà car tout est possible pour ALLAH ﷻ), car les Jinn des mécréants — comme ceux des animaux — sont normalement issus des anges (le feu sans fumée dont sont créés ces Jinn étant une altération du troisième état de la lumière muhammadienne dont sont créés les anges : en d’autres termes, ces Jinn sont des « sous-anges » qui dans l’absolu conservent la faculté, en se purifiant et par Permission d’ALLAH ﷻ, de revenir à l’état angélique — de la même manière qu’un ange, à l’instar d’Iblis, peut être rétrogradé à l’état de Jinni, et même de Jinni diabolique ; on a vu également que des Jinn plus puissants sont quant-à eux directement issus des anges majeurs, eux-mêmes créés du premier état de la lumière muhammadienne, et qu’ils ont vocation à rester éthérés dans le Malakut — et même que, dans une certaine mesure, ils ont accès au Jabarut ; ces Jinn ont leur utilité et, selon le même principe de retour par purification, on peut envisager qu’ils puissent revenir à l’état d’anges majeurs).
1 Adam, prototype humain animé par ALLAH ﷻ à la base, n’a pas attendu de Jinni pour être nommé : ALLAH ﷻ lui avait déjà attribué son nom, directement ; mais toutes les autres Nafs reçoivent normalement le nom de leur Jinni (celui que donneront normalement les parents), même si elles peuvent se faire connaître, dans le monde matériel, sous d’autres noms ; et même si c’est également ALLAH ﷻ Qui attribue leurs noms aux Jinn, Il ne nomme pas directement les humains : Adam état l’exception, et l’attribution des noms des humains se fait par les Jinn interposés — avec l’intermédiation des parents, qui se voient investis et honorés de cette prérogative régalienne de nommer.





