بسم الله الرحمن الرحيم
Il est établi que Ruh est d’abord dans le corps adamique où l’y a insufflé ALLAH ﷻ ; cela signifie qu’il est dans les sensations du corps par quoi on éprouve le monde matériel et que, quand ALLAH ﷻ a créé pour chaque homme la somme des sensations constituant à la fois sa perception de son corps et du monde à son contact, Il y a introduit la conscience du Divin, et les modalités de communication avec LUI (prière, invocation, évocation, lecture des versets aussi bien des livres que du monde…) : l’expérience du Divin est donc nécessairement une expérience sensible avant que d’être une expérience spirituelle, dont va s’imprégner le Jinni marié au corps ; car le Jinni seul, dans le Malakut, n’a pas accès à ces moyens de communication avec ALLAH ﷻ1 : ça passe nécessairement, pour lui, par le corps adamique et le Nasut.
Cela explique la gratitude de Sayyidina ʿAli envers le Dunya, qui lui a permis de connaître ALLAH ﷻ2 ; et on dit bien « la gratitude » (au sens de « la reconnaissance »), pas « l’amour » ou « la passion ».
Une fois cette connaissance d’ALLAH ﷻ faite via la matière, on peut quitter le Dunya, et le corps peut se décomposer, car il a joué son rôle d’agent de transmission du secret : le transfert s’est opéré de lui au Jinni (au pur esprit) via Nafs ; mais si la connaissance ne s’est pas réalisée dans le Dunya, le corps va partir avec ce secret qu’il renferme, sans que le Jinni ait pu s’en saisir via Nafs.
Le corps — et au-delà l’expérience sensible qu’il permet, le rapport à la matière et au matériel — est donc déterminant, indispensable dans la démarche de retour à ALLAH ﷻ — pourvu qu’on ne loupe pas le secret qu’il renferme ; c’est un peu comme un message qui est voué à s’auto-détruire : si on néglige de lire le message à temps, de faire l’effort de dérouler le bout de papier qui le renferme, le message disparaît avec son contenant — alors même qu’on sait qu’il s’agit-là d’un message de la plus haute importance ; de la même manière, l’homme n’est pas sans ignorer, avec 124 000 envoyés, qu’il est sur terre pour y décrypter La Présence d’ALLAH ﷻ, et certainement pas pour y perdre son temps en s’attardant sur les distractions qu’offre cette même terre : car si le papier renferme un message de la plus haute importance, il n’est certes pas dénué d’attraits, d’ornements — bien jolis mais sans rapport avec le message de fond ; un peu comme la décoration d’un carton d’emballage, qui ne peut remplacer la destination de l’objet qu’il renferme : on n’achète pas un bijou pour admirer son écrin, mais pour le porter.
1 Le Jinni éthéré, comme le Jinni des animaux, dispose du seul flux descendant du canal muhammadien (celui par lequel sont envoyées les sensations de la vie — matérielle pour les animaux, spirituelles pour les Jinn du Malakut), qui ne suffit pas à constituer Ruh : ce qui fait Ruh, c’est le flux montant du canal muhammadien par quoi on peut s’adresser à ALLAH ﷻ ; c’est la raison pour laquelle les Jinn éthérés doivent passer par les hommes pour apprendre la religion et se ranger derrière leur imamat — ce qui implique que les savants conscients de cette responsabilité envers les Jinn doivent avoir l’intention de s’adresser aussi a eux quand ils enseignent, de même que le Muezzin doit avoir la Niya d’appeler aussi les créatures du Ghayb à la prière : c’est que le seul flux descendant n’implique pas la science, la science ne peut résulter que d’un échange étroit avec ALLAH ﷻ dont seuls les hommes sont capables — et encore : seule une poignée d’entre eux ont pu développer et exploiter ce potentiel.
2 Il faut comprendre : la gratitude envers ALLAH ﷻ, Qui par le Dunya a permis de connaître ALLAH ﷻ.





