بسم الله الرحمن الرحيم
Quel rapport peut-il bien y avoir entre ALLAH ﷻ et une paire de chaussettes qui sèche sur un fil, un chien qui dort en ronflant, le bruit de la circulation dans la rue — et tant d’autres choses d’une banalité voire d’une trivialité déconcertantes ? Apparemment, aucun. Pourtant, on nous dit qu’il n’y a qu’ALLAH ﷻ, qu’Il est Omniprésent, que rien ne se fait sans qu’Il le sache et qu’Il le veuille — mais de prime abord, on a du mal à l’ « associer » à la plupart des choses du quotidien, tant elles paraissent insignifiantes et grotesques au regard de Son Immensité : le décalage est trop immense ; que la beauté d’un paysage ou le caractère extraordinaire de certains phénomènes L’évoquent, certes — mais pas l’ongle incarné de mon conjoint ou les bruits douteux qu’il produit aux toilettes.
Et pourtant !
Celui qui est capable de Le voir dans toute chose, y compris dans les choses apparemment viles avec la faculté de discerner le pourquoi et le bienfait de ces choses, est celui qui jouit de Sa Plus Grande Proximité — et là est LE but (le seul) de toute cette vie matérielle : le reconnaître en TOUT ; identifier Sa Présence et Sa Volonté PARTOUT.
Hélas, la plupart d’entre nous ne voyons que les choses en elles-mêmes, mais pas Celui Qui les soumet à nos cœurs en autant de sensations ; or, toutes ces sensations ne sont qu’illusions : rien de ce que nous voyons, entendons, touchons, sentons, goûtons n’a d’existence réelle — et si on ne voit pas L’Illusionniste plutôt que ces illusions, on risque d’accorder à ces dernières une importance qu’elles ne méritent pas, de s’attacher à du vent ou de mépriser des choses qui ne devraient pas l’être : ainsi, si on fait l’effort de Le voir dans les choses tentantes, on ne s’attache pas outre mesure à ces choses, parce qu’on sait qu’Il peut nous les reprendre comme Il nous les a données ; et si on fait l’effort de Le voir dans les choses triviales, on ne dédaigne pas ces choses, parce qu’on sait qu’elles viennent de LUI et qu’Il leur a donné un sens et une utilité.
Et quand ALLAH ﷻ nous envoie toutes ces sensations du corps et du monde sensible (qui, mises bout à bout, constituent notre vie matérielle), c’est comme s’Il nous disait : « Trouvez-Moi dans tout ça — mais ne vous y attachez pas ! » : car tout — absolument tout — renvoie à LUI, et ne doit être appréhendé qu’avec la conscience permanente de LUI — à commencer par l’ongle incarné ou les pets de mon conjoint aux toilettes (et nous laissons au lecteur le soin de méditer sur ces choses, avec tout le sérieux qu’il sied d’avoir quand on s’efforce de voir les choses du Point de Vue Divin — mais qu’on s’imagine déjà l’effet désastreux que pourraient avoir sur nous des gaz contenus sans qu’on puisse les expulser).
« Et Il est avec vous OÙ QUE VOUS SOYEZ » : qu’on soit aux toilettes ou au paradis, Il est d’autant plus avec nous que tout est Le Fruit de Sa Pensée, que c’est LUI Qui nous pense dans ces situations et à ces endroits divers ; et Qui nous les fait vivre en nous en envoyant les sensations, afin de nous inciter à une méditation permanente censée nous ramener à LUI ; et, pourvu qu’on soit doué d’intelligence et qu’on produise cet effort de méditation et de réflexion, c’est bel et bien LUI Qu’on doit finir par voir (qu’il FAUT voir), pas les sensations en soi ; et c’est bel et bien à LUI Qu’il faut s’attacher, pas aux choses illusoires qu’Il envoie à nos esprits.




