بسم الله الرحمن الرحيم
On rappelle que le cheminement est comme une échelle dont le bas est au niveau de l’âme instigatrice, le haut au niveau de L’Esprit Divin (du moins au point de contact de L’Esprit Divin, qui est la zone tampon de l’extinction), et qu’on (on = l’esprit personnel) est rattaché au haut (le haut = L’Objectif — ALLAH ﷻ) par un câble qui est l’esprit muhammadien (la ligne de vie à suivre).
Quand on se trouve en-bas de l’échelle, on a le nez collé sur le sol, sur la terre ferme, et on ne voit pas ce qu’il se passe en-haut ; quand on est au milieu de l’échelle, on voit ce qu’il se passe au-dessus du sol — toute cette vie céleste qu’on ne voit pas en-bas parce qu’on est au ras des pâquerettes, et au cœur de laquelle on se trouve à présent ; et quand on arrive au sommet de l’échelle (qui ne fait jamais que nous mener au premier niveau de l’immeuble qu’on aspire à visiter) on a une vue d’ensemble du sol et de ce qu’il se trouve juste au-dessus, dans les airs (c’est-à-dire de ce qu’il se trouve entre le sol et nous au sommet de l’échelle) — mais aussi des cieux au-dessus de nous : certes, la vision du sol est plus lointaine, moins détaillée, mais globale ; et la vision des cieux est elle-même globale (on voit notamment les anges majeurs) ; par contre, il reste à découvrir un par un tous les étages de l’immeuble — et on se rend vite compte, une fois commencée l’ascension, que c’est sans fin (mais chaque étage est tellement riche en découvertes qu’il donne envie de progresser et de visiter le suivant).
On a bien compris que, le sol, au pied de l’échelle (qui correspond au degré de l’âme instigatrice) c’est le bas monde où évoluent les hommes dans leur dimension sensible et matérielle (le Nasut), et que quand on s’y trouve, on a tellement le nez collé dessus qu’on ne voit que ça, et qu’on se passionne inévitablement pour quelques-uns de ses détails qui accaparent toute notre attention.
Le ciel juste au-dessus, au milieu de l’échelle (qui correspond aux degrés intermédiaires de l’âme), c’est le début du monde invisible (le Malakut — composé en réalité de sept cieux), où on voit notamment les jinn qui y évoluent, et où on commence aussi à voir les anges, qui y descendent depuis le Jabarut.
Et encore au-dessus, au sommet de l’échelle (qui correspond donc au point de contact avec L’Esprit Divin), c’est la zone tampon (le Jabarut) — c’est-à-dire la zone intermédiaire entre le Mulk (qui englobe le Nasut, le Malakut, et le Jabarut lui-même) et Les Domaines Divins : c’est un peu comme un sas, une plate-forme qui permet d’avoir une vision d’ensemble :
- En dessous : des mondes invisibles célestes (anges, jinn…) et du monde visible terrestre (du bas monde — mais qu’on voit désormais de très loin) ;
- Au-dessus : des Domaines Divins qui nous tendent les bras — et c’est à ce niveau du Jabarut, une fois le cœur purifié, que le vrai cheminement peut commencer : alors Les Domaines Divins, qu’on voyait au-dessus de nous quand on n’était qu’à leur point de départ qu’est le Jabarut, passent en dessous au fur et à mesure qu’on les franchit et qu’on s’élève — mais très progressivement, car Les Domaines Divins sont Infinis.
Donc la vision est graduelle :
- Tout en bas, on ne voit que le monde matériel ;
- Quand on commence à s’élever, on voit le monde matériel, et le monde invisible (jinn, anges…) ;
- Enfin, on voit le monde matériel, le monde invisible, et — graduellement — Les Domaines Divins (La Lumière Divine — ALLAH ﷻ) : on commence à tout embrasser d’un regard enveloppant, d’Un Point de Vue Divin Omniscient ; autrement dit, on voit La Main d’ALLAH ﷻ manipuler les ficelles des anges pour animer la création et le bas monde — quand on ne participe pas soi-même à cette orchestration.





