بسم الله الرحمن الرحيم
Dès lors qu’un Jinni reçoit des sensations corporelles (un corps), on parle d’une Nafs : c’est ça qu’on entend quand il est question du mariage « Zawj » {corps + Jinni}.
Le terme Nafs — issu de « Nafas » qui signifie « respiration » — est plus attaché au corps, au biologique : c’est le corps rajouté qui fait du Jinni une Nafs évoluant au Nasut, sans quoi il reste un Jinni évoluant au Malakut ; autrement dit, Nafs, c’est le Jinni doté d’une respiration.
Et le corps dépositaire du Ruh (et par extension le monde matériel) est le point de départ du cheminement qui va amener le Jinni à rencontrer son Seigneur : sans ce tremplin, cette rampe de lancement, il reste confiné à ce lieu de voilement qu’est le Malakut.
Une Nafs étant double, elle a une double appellation : {prénom + nom} ; en général (mais ça n’est pas une règle absolue), le nom est attaché au Jinni/esprit non apparent (c’est le nom de synthèse), et le prénom est davantage attaché au couple {corps + Jinni} avec le corps apparent — c’est-à-dire à Nafs ; ainsi, quand on appelle quelqu’un par son prénom, on est plus dans l’intimité de la proximité physique ; quand on appelle ou évoque quelqu’un par son nom, on est plus dans le détachement de sa dimension matérielle pour ne voir que sa dimension spirituelle — comme par exemple son legs culturel, son œuvre, son empreinte historique : ainsi, quand on dit « Baudelaire », on est clairement dans l’évocation de l’esprit — du Jinni — de l’auteur des « Fleurs du Mal » et de sa trace sur les autres esprits — mais seuls ses proches contemporains connaissaient l’être de chair Charles dans sa dimension terre à terre, matérielle, au quotidien ; quand on dit « de Gaulle », on pense à l’esprit du 18 juin, de la Résistance, à « une certaine idée de la France », à une vision politique — mais pas à ce Charles physique que côtoyait chaque jour son épouse Yvonne ; mais pour certains êtres, comme les prophètes (Muhammad ﷺ, Ibrahim, Jésus, Moïse…), le nom de synthèse se résume au prénom : ainsi, on utilise très rarement sa Kunya Abu Al-Qasim (qui correspond à son nom) pour parler de Muhammad ﷺ comme Envoyé d’ALLAH ﷻ ; et c’est un peu une façon d’ « intimiser » la dimension spirituelle en lui donnant une connotation affective — mais dans tous les cas cela révèle tout l’arbitraire qui préside à l’attribution du nom de synthèse, dont le choix reste soumis à La Seule Discrétion d’ALLAH ﷻ ; car l’attribution du nom — des noms — est bien L’Affaire d’ALLAH ﷻ, et c’est Son Droit Régalien.





