بسم الله الرحمن الرحيم
Shaykh Imran Hosein est animé d’une idéologie politique, et il utilise les signes de la fin des temps exposés dans le Qur’an et la Sunna pour la valider : en d’autres termes, il rapporte les évènements actuels et leurs implications politiques aux signes de la fin des temps, non seulement pour affirmer que ce qui est en train de se passer actuellement correspond bien à la fin des temps telle qu’annoncée, mais aussi pour en tirer une ligne de conduite impliquant une intention et des actes.
Si l’étude neutre des faits autorise effectivement de nombreux rapprochements, et permet une corrélation évidente, il convient toutefois de rester sur une sage réserve, car rien ne nous permet d’affirmer que ces événements, à l’échelle de la création, ne sont pas que de simples répétitions anecdotiques entrant dans le cadre de cycles historiques ; car, sans recul, nous vivons toujours les choses avec intensité, et voyons comme LA fin des temps les évènements graves de notre temps — comme les périodes troublées des autres cycles de l’Histoire ont dû être vécues par leurs contemporains comme la fin des temps : or, il peut simplement s’agir, tout au plus, de répétitions sans fin de la fin des temps, et d’une Histoire qui n’en finit pas d’en finir — car il faut bien éprouver les hommes de chaque époque et leur faire goûter à la fin des temps (autrement dit, la fin des temps se répète sans fin de façon cyclique1, d’une époque à l’autre, et si arrivera nécessairement l’ultime, à un moment déterminé, ALLAH ﷻ Seul sait quand).
Donc, si nous remercions Shaykh Imran Hosein d’avoir apporté à l’islam une vraie sensibilité eschatologique, il convient toutefois que les savants comme lui (et ceux qui les suivent) conservent hauteur de vue et recul, et ne s’emballent pas face aux événements — et surtout ne se laissent pas détourner du Véritable Objectif, car on a vite fait d’être déconcentré, distrait par les évènements du Dunya : on se passionne pour des choses qui, au contraire, ne doivent appeler qu’à la raison et au discernement censés les relativiser, et qui, comme épreuves, doivent être vécues avec patience et acceptation, comme il sied au croyant, sans implication excessive.
Or, Imran se veut être un acteur de son temps, et tire de son interprétation des évènements des conclusions menant à des intentions et des actes, et allant dans le sens de son idéologie : en d’autres termes, il fait dire aux événements ce qui l’arrange, en prenant à témoin le Qur’an et la Sunna, et justifie par-là son rapprochement stratégique avec les élites Russes.
Or, si nous ne doutons pas un instant de la sincérité du Shaykh, et si nous sommes convaincus que sa lecture des évènements est globalement juste en ce qu’elle établit bien la fin des temps de notre époque, nous sommes plus réservés sur les conclusions qu’il en tire de s’allier avec les autorités Russes : car de notre point de vue, Russie et Occident sont les deux faces d’une même pièce que tient dans sa main la secte messianiste Loubavitch, son but étant, manipulant les deux camps, de les faire s’affronter dans un conflit généralisé entraînant un chaos total duquel émergera le messie (sachant que les Juifs n’ont pas accepté Jésus comme messie, nous le rappelons).
Et quand bien même Ar-Rum (les Romains) correspondraient effectivement aux chrétiens orthodoxes de Russie, comme le soutient Imran, les élites Russes n’ont aucun rapport avec eux, obéissant pour leur part au grand rabbin de Russie, le Loubavitch Berel Lazar — tout comme Trump est contrôlé de très près par les Loubavitch, qui ont infiltré son entourage proche en mariant notamment l’un des leurs (Jared Kushner) à sa fille.
Donc, Shaykh Imran Hosein sort de la réserve qui devrait être sienne, en posant une orientation et des actes, en rencontrant notamment le ministre Russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov (à l’occasion du forum sur la multipolarité 2024), et en rédigeant un ouvrage à son attention (La Russie dans le Qur’an) : car le Shaykh, qui obéit à des ressorts humains, y voit là la reconnaissance (qui lui tient tant à cœur) de son statut de spécialiste en eschatologie islamique, ce qui le mène à choisir un des deux camps artificiels et à jouer le jeu des fauteurs de guerre.
- En fait, par « fin des temps », il faut comprendre « fin d’un temps » (lui-même fait de plusieurs séquences, d’où le pluriel) — c’est-à-dire : « fin d’un cycle historique ». ↩︎


