بسم الله الرحمن الرحيم
ALLAH ﷻ S’adresse ici (comme dans les deux autres Suwar dites « de protection ») à la Nafs de Muhammad ﷺ (et à travers elle à l’humanité entière) et lui enjoint de dire : « Je cherche protection auprès du Seigneur / du Souverain / du Dieu des hommes » : elle doit chercher l’influence protectrice de L’Esprit Divin, via Ruh qui est bien attaché à l’homme, au corps adamique de l’homme (pas au Jinni)1 ; Esprit Divin Qui le guide et gouverne en qualité de Seigneur, Souverain, Dieu — par opposition aux passions ; lui prodiguant précisément les Grâces liées à chacune de Ces Fonctions Divines (le Seigneur éduque et guide, le Souverain gouverne, le Dieu recentre).
Et elle doit chercher à être protégée « Du mal du murmureur qui se retire » — c’est-à-dire du Shayt qui agit sporadiquement, par attaques ponctuelles, comme dans le cadre d’une guerre de harcèlement, d’une guérilla (il vient, attaque, se retire…)
Et de préciser : « Celui qui murmure dans les cœurs des hommes » : c’est sur (et même dans) les hommes (au plus profond d’eux — les cœurs) qu’agit ce Shayt ; il faut donc les protéger d’un mal qui agit sur/en eux (c’est-à-dire sur/dans les corps adamiques) ; et s’agissant d’un murmure intérieur (DANS les cœurs), c’est d’un Shayt infiltré qu’il s’agit (c’est-à-dire d’une attaque spirituelle), pas d’un Shayt qui se manifeste de l’extérieur par personne interposée, via les sens (c’est-à-dire d’une attaque matérielle) : c’est donc bien une attaque de l’esprit sur la matière.
«Parmi les Jinn et les hommes » : on sait qu’il s’agit d’une attaque spirituelle (donc, d’une attaque d’esprits — de Jinn), reste plus qu’à en déterminer la source ; et ici, on nous apprend que cette attaque spirituelle peut aussi bien provenir de purs Jinn éthérés (« Parmi les Jinn… »), que de Jinn d’autres humains (« …et les hommes »), infiltrés mais à distance physique, hors interaction matérielle (la Nafs de l’attaquant s’est dissociée : son Jinni vient attaquer en s’infiltrant dans un cœur, mais son corps est resté loin)2.
1 On rappelle que Ruh n’est pas L’Esprit Divin à proprement parler, mais qu’il s’agit du canal de transmission complet entre la créature et Le Créateur : le terme Ruh désigne la connexion entre Nafs et L’Esprit Divin via l’esprit muhammadien, qui est comme une voie de circulation à double sens sur laquelle circulent les anges pour acheminer, d’un côté les informations qui descendent d’ALLAH ﷻ vers Ses Créatures, et de l’autre les informations qui remontent des créatures vers Leur Créateur ; initialement, Ruh est attaché au corps adamique, et le couple Nafs résultant de l’union du corps et du Jinni/esprit en hérite : il y a comme un « transfert de propriété » du seul corps adamique à la communauté de biens — mais il n’empêche que Ruh demeure fondamentalement un attribut corporel et que, dans le couple Nafs, ça reste le corps « masculin » qui en a la prérogative par rapport au Jinni « féminin » ; de la même manière que, dans le couple islamique, l’époux est dépositaire de la Qiwamah, et doit donc gérer certaines choses dont il a la charge qui appellent nécessairement l’obéissance de l’épouse ; et ça n’est qu’après un long cheminement du couple Nafs, une lente maturation qui lui permet de trouver l’équilibre parfait dans sa dualité, que l’épouse Jinni, dont le Shayt s’est éteint, peut enfin disposer pleinement de Ruh ; et la préséance du corps adamique sur le Jinni, en matière de gestion du Ruh, se manifeste pleinement par les adorations du corps, dont il impose d’autorité la discipline au Jinni récalcitrant, plus prompt à s’évader dans la fantasmagorie et l’imaginaire.
2 Cette attaque spirituelle n’exclut pas pour autant des assauts au moyen du corps et des sens, mais pas à titre principal, à titre secondaire : ils ne viennent que renforcer une emprise psychique établie, l’attiser, l’entretenir, l’alimenter ; sachant toutefois qu’il n’y a pas d’influence spirituelle sans initiation matérielle — que ce soit en bien ou en mal : le corps est la passerelle.





