بسم الله الرحمن الرحيم
C’est une constante : chaque fois qu’ALLAH ﷻ envoie un prophète, un messager, un saint…, les hommes ne peuvent s’empêcher de l’adorer et de le LUI associer ; car (12:106) :
« La plupart d’entre eux ne croient en ALLAH ﷻ qu’en LUI donnant des associés. »
Et le plus grave, c’est que nombre de ces envoyés, dans leur faiblesse humaine, finissent par se prendre au jeu de cette adoration — mais comment pourrait-il en être autrement ? Même Muhammad ﷺ a eu cette propension à construire, autour de sa personne, une organisation personnalisée fédérant une communauté — et c’est ainsi qu’il y a eu la religion de Muhammad ﷺ dans La Religion d’ALLAH ﷻ (laquelle, en vérité, existe depuis Ibrahim — la Paix soit sur lui — et se trouve être la tradition primordiale), avec de nombreux ajouts renvoyant directement à sa personne (on pense notamment aux deux appels à la prière et au Tashahhud qui le citent) ; et à sa suite, forcément, ses prétendus héritiers que sont les Shuyukh l’ont imité, chacun construisant autour de lui un microcosme, une communauté dont il était le centre, l’idole, le gourou.
Cela tient au fait que les hommes, avec l’envoyé ou le saint, ont quelque chose de palpable à adorer, de perceptible par les sens — car c’est trop compliqué, voire tout bonnement impossible, d’adorer ce qu’on ne voit pas (ce qui explique d’ailleurs qu’on n’adore pas — ou moins — les anges : on leur dresse bien parfois des statues, dans certaines religions — histoire de les visualiser —, mais ça reste secondaire, et ça passe toujours après l’adoration de ces humains directement appréhendables par les sens que sont les envoyés ou les saints).
Oui, l’homme a besoin de voir (et ressentir) pour adorer, et d’adorer ce qu’il voit (et ressent) ; alors adorer ALLAH ﷻ, oui, mais il faut quand même que ça passe par un homme qui nous Le « vend » — et qu’on finit invariablement par adorer ; sinon, au pire, on invente des divinités et on leur dresse des statues vers lesquelles on peut se tourner.
Car l’esprit personnel ne peut que très difficilement appréhender Le Divin sans intermédiaire matériel pour le stimuler.
Et quand quelqu’un y parvient, c’est lui qu’on finit par adorer.





