بسم الله الرحمن الرحيم
Quand un seul homme évoque ou invoque ALLAH ﷻ, ça vaut pour l’humanité entière : c’est-à-dire que cette seule évocation ou invocation est portée au crédit de l’humanité entière et lui vaut le maintien, car elle l’acquitte ainsi — cette adoration isolée — de sa vocation première d’adorer ALLAH ﷻ.
Ce qui signifie qu’en matière d’adoration les actes sont collectifs, et si ALLAH ﷻ leur accorde une valeur individuelle, c’est accessoire et secondaire ; et comme les mauvaises actions dissipent les mauvaises, toutes les mauvaises actions de tous les hommes sont effacées, dans l’absolu, par une seule évocation ou invocation d’un seul homme (ce qui ne signifie pas non plus que les mauvaises actions restent sans conséquence et impunies).
Cela entraîne de facto une solidarité entre les hommes, dont sont conscients Les Gens d’ALLAH ﷻ : Un Homme d’ALLAH ﷻ sait ainsi pertinemment que sa seule « présence » suffit à racheter l’existence des pires hommes, et il porte ainsi, par cette conscience, le poids de toute la noirceur de l’humanité qu’il maintient ; le mauvais homme, lui, ne se soucie pas des autres ni de l’impact de ses actes sur eux, et ne se sent pas solidaire ni lié à l’humanité.
La miséricorde repose sur cette conscience aiguë — et c’est pour ça qu’elle est si étendue chez Les Gens d’ALLAH ﷻ : ils savent qu’ils sont garants, par leurs actes, du devenir de l’humanité, et que leur prière sauve aussi, d’une certaine manière, le meurtrier en tant qu’être humain (mais pas en tant que meurtrier) : autrement dit, il sait que ce meurtrier est dans la même barque que lui et que leurs sorts sont liés, donc il n’a pas la conscience séparative en ce qui les concerne : il accepte pleinement leur sort commun et voit le meurtrier comme un frère en humanité (un consort) avant de le voir comme un meurtrier ; et il laisse son sort individuel à La Main d’ALLAH ﷻ : en ce qui le concerne, il œuvre dans l’intérêt commun, sans discrimination aucune à raison du comportement, et ses prières n’excluent personne : si c’était le cas, il aurait un intérêt personnel, relevant de l’ego, et il ne serait pas Un Homme d’ALLAH ﷻ qui transcende les comportements des hommes dans son action : il n’est pas dans le jugement mais dans la rédemption, à l’image de Jésus (la Paix soit sur lui) qui rachète les péchés des hommes, les prend sur lui — non pas par sa souffrance sur la croix, mais par sa simple piété, par sa dévotion.
Et comme de toutes façons cela lui est imposé, qu’il n’a pas le choix, que son état le dépasse (car il est programmé ainsi), il ne se pose pas de question et fait son œuvre d’adorateur — quitte à sauver par-là l’humanité et ses pires éléments.





