بسم الله الرحمن الرحيم
Depuis le départ de Sayyidina Muhammad ﷺ comme rassembleur et dirigeant de la Umma, et depuis l’abdication de ʿAli et de sa lignée رضي الله عنهم, la Umma est vouée à la dispersion dans le monde, sans véritable gouvernance centrale : ni les califats successifs comme les Omeyyades ou les Abbassides, ni les dynasties contemporaines comme les Saoud au Hijaz ou les Alaouites au Maghrib, ni les caricatures grossières de Califat résultant d’un « Jihad » instrumentalisé (on ne s’improvise pas Abu Bakr ou ʿUmar رضي الله عنهم), ni ces sectes qui se forment autour de Shuyukh et qu’on appelle Turuq, n’ont vocation à la rassembler, à la réunifier de façon légitime et durable — et seul l’imam Mahdi عليه السلام y parviendra.
Et les califats d’Abu Bakr, ʿUmar, et Uthman رضي الله عنهم (celui de ʿAli était celui de la décomposition) n’ont servi qu’à poser quelques fondations intangibles et à parachever l’islam sur terre (on pense à la compilation du Qur’an sous Uthman).
C’est qu’ALLAH ﷻ ne voulait pas que l’islam soit une affaire de pouvoir terrestre, mais une spiritualité individuelle : à chacun de revenir à LUI selon un cheminement personnel, abstraction faite des inévitables désordres du monde (ou plutôt, ces désordres, comme contexte, font partie intégrante du cheminement, et l’effort que doit produire le cheminant pour s’y soustraire en est une des conditions : on ne peut faire le grand Jihad que dans l’adversité) ; oui, la religion est devenue une affaire personnelle, l’islam est pure verticalité, et le croyant doit désormais s’affranchir de la tutelle d’un chef, d’un guide — d’où la fin de la prophétie : l’islam post muhammadien est la religion de la maturité de l’homme après des millénaires de prophétie ; et s’il demeure des Awliya, c’est juste pour rappeler et indiquer La Direction, comme des panneaux indicateurs ; certainement pas pour qu’on les adore (mais c’est tellement plus facile d’adorer un homme de rencontre que de produire l’effort complet du cheminement !) ; et la venue du Mahdi ne sera jamais qu’une remise en ordre suite à l’inévitable Fitna résultant de tant de siècles sans prophète.
Certes, il est permis au croyant d’espérer un Califat et de faire des causes pour le faire advenir (c’est légitime), mais sans se faire trop d’illusions : il est préférable qu’il se concentre sur ce que veut ALLAH ﷻ, c’est-à-dire le retour à LUI dans l’évocation et par la purification de l’âme ; et qu’il Le laisse gérer les affaires de ce bas monde (les affaires de pouvoir notamment) sans s’en mêler — si ce n’est dans la petite proportion qu’ALLAH ﷻ veut et permet.
De toutes façons, il ne saurait y avoir de Calife légitime sans un très haut degré spirituel ; et les prophètes ont presque toujours rempli leur mission en parallèle des pouvoirs politiques — et même dans l’adversité par rapport à ces derniers ; car à chacun son rôle, par Permission d’ALLAH ﷻ : la Fitna aux hommes de pouvoir (et tant que cette terre existera, il y aura de la Fitna liée aux enjeux de pouvoir — c’est Une Loi d’ALLAH ﷻ), et l’appel et la prédication aux Gens d’ALLAH ﷻ ; car le mélange des genres, s’il n’est pas expressément autorisé par ALLAH ﷻ à des fins qui LUI appartiennent, peut se révéler très périlleux ; et L’Homme d’ALLAH ﷻ qui est amené à assumer des fonctions de pouvoir ne le fait pas sans crainte.





