بسم الله الرحمن الرحيم
Dans le Qur’an, quand ALLAH ﷻ évoque les Jinn et les hommes séparément (quand Il fait la distinction, qu’Il dit « les Jinn ET/OU les hommes » au lieu de parler du couple synthétique Nafs), cela sert :
- D’une part, à démontrer qu’il s’agit bien de deux types de créatures parfaitement distincts (quand bien même ces créatures seraient amenées à s’associer dans le cadre de ce mariage « Zawj » spécifique qu’on appelle donc Nafs), relevant chacun d’un monde qui lui est propre — en l’occurrence le Nasut pour les hommes, et le Malakut pour les Jinn ;
- D’autre part, à les distinguer dans leur champ d’intervention respectif : Il parle des hommes pour caractériser/personnaliser toute intervention/interaction « extérieure » — c’est-à-dire se jouant dans le monde matériel ; et Il parle des Jinn pour caractériser toute intervention « intérieure », se jouant dans le for intérieur ; et même si ce sont les Jinn qui, le plus souvent, initient les interventions « extérieures », on parle d’hommes vu que ça se manifeste par la matière : ainsi, dans la dernière Surat, quand ALLAH ﷻ évoque le Waswas en disant qu’il peut provenir aussi bien d’un Jinni que d’un homme, Il veut distinguer ici le Waswas du for intérieur (relevant de l’auto suggestion, de voix intérieures…), du Waswas émanant de tiers humain(s) par tout moyen matériel (parole, écrit…) — et il s’agit alors de ce qu’on peut appeler « une/des mauvaise(s) influence(s) », comme le copain qui pousse directement au vice, ou la star dégénérée (droguée, alcoolique, vulgaire…) qui se donne pour modèle et qu’on imite.
Sur les champs d’évolution des Jinn : si le Jinni incarné, à certains moments de dissociation (sommeil, hypnose, état de « rêverie »…) retourne évoluer sur son terrain naturel qu’est le Malakut, la plupart du temps, assujetti au corps, il est contraint au Nasut ; car il faut bien comprendre que le corps est une prison mentale qui, par les sensations, fixe l’esprit personnel jinnique au monde matériel — quand bien même ce monde ne serait qu’illusion ; d’autant que le Jinni de l’humain, par le Ruh dont il a hérité avec le corps, est vraiment contraint à cette dimension spécifique aux hommes qu’est le Nasut, car ayant la faculté de s’élever jusqu’au Divin, il doit partir de plus bas (c’est la contrepartie du Ruh, car ALLAH ﷻ Se mérite) ; alors que le Jinni de l’animal, lui, évolue directement dans le Malakut, qu’il ne peut normalement pas dépasser (on le rappelle, il est une sous-catégorie de l’ange mineur) ; dans le Barzakh (le monde intermédiaire), le Jinni humain reste emprisonné, non plus par le seul corps, mais par la tombe — qui ne consiste jamais qu’en une autre série de sensations (la tombe étant ni plus ni moins qu’une extension mentale du corps).
S’agissant des catégories de Jinn : nous avons postulé, dans notre article précédent, qu’il existait trois catégories de Jinn :
- Les Jinn dérivés des anges majeurs, destinés à demeurer éthérés (à ne pas recevoir de corps) ;
- Les Jinn dérivés des anges mineurs, destinés à recevoir les corps des animaux (mais aussi les corps de tous ces rebuts de l’enfer que sont les mécréants et autres rebelles, et qui sont placés par ALLAH ﷻ, comme on l’a vu, sur le même plan que les animaux) ;
- Les Jinn des prophètes, issus quant-à eux de l’état de pudeur de la lumière muhammadienne (ainsi que les Jinn des pieux qui en sont dérivés via leur souffle).
Ces trois catégories font écho aux trois catégories désignées par Sayyidina Muhammad ﷺ — mais de manière parabolique à la façon du Qur’an1 —, savoir :
- Une catégorie de Jinn « avec des ailes et qui volent » : il s’agit bien des Jinn éthérés qui évoluent dans ce ciel qu’est le Malakut (en opposition à la terre du Nasut) ;
- Une catégorie de Jinn « qui prennent la forme de serpents et de chiens » : il s’agit bien des Jinn des animaux — mais aussi des Jinn des mécréants, si l’on veut bien prêter aux termes de « serpents » et de « chiens » leur sens allégorique d’être vils, veules, méprisables ;
- Une catégorie de Jinn « qui sont dans un voyage perpétuel et ne s’arrêtent pas pour se reposer » (ou, selon une autre version : « qui sont parfois résidents et qui parfois voyagent ») : on aura bien compris qu’il ne s’agit pas là de nos amis les Gitans, mais des Jinn des pieux qui sont dans le voyage perpétuel de l’élévation spirituelle, et qui font des haltes ponctuelles de Maqam en Maqam : qui résident provisoirement aux différentes étapes des stations spirituelles, le temps pour eux de les dépasser et d’atteindre les suivantes (mais certainement pas pour se reposer).
1 On insiste sur le fait que tout ce qui, de Sayyidina Muhammad ﷺ, est de l’ordre de la révélation — qu’il s’agisse des versets du Qur’an ou de déclarations « libres » —, sort dans ce style elliptique et parabolique si reconnaissable ; et comme nous ne sommes pas dans l’idolâtrie et que nous prenons acte de La Parole d’ALLAH ﷻ Qui nous dit que Ses Envoyés ne sont que des hommes comme les autres, nous considérons qu’il peut arriver à Muhammad ﷺ de prononcer des paroles — certes rares et mesurées — émanant de sa Nafs.





