بسم الله الرحمن الرحيم
Le Maqam (le degré spirituel) détermine le degré de conscience ; le degré de conscience (qui est aussi le degré de dévoilement) établit ce qu’on perçoit de La Présence Divine : autant on n’En perçoit rien, prisonnier qu’on est des seules apparences (on ne voit que la surface des choses), autant on ne perçoit qu’Elle en toute chose.
Ainsi peut-on n’avoir qu’une conscience limitée au monde matériel (dans le cas où Nafs est aux plus bas degrés), ou être parvenu au Degré Ultime de Conscience Divine — et alors Son Regard S’est substitué au nôtre, et ce qu’il nous reste de conscience personnelle ne sert qu’à témoigner de Sa Présence (car tant qu’on est soumis au film de la vie matérielle demeure un minimum de conscience personnelle).
Ainsi, le vrai conscient est celui qui perçoit Sa Présence Manifeste, Sa Volonté, Son Intention, Sa Satisfaction, Son Courroux… — et il peut s’agir d’un parfait illettré avec de faibles capacités intellectuelles ; quand l’inconscient est celui qui, bien que très lucide et jouissant de toutes ses facultés cognitives, ne perçoit rien d’autre que les apparences immédiates — et il peut s’agir d’un grand scientifique, d’un éminent intellectuel doté d’un QI phénoménal…
On ne devient pas conscient comme ça : il faut préalablement nourrir une intention sincère de Le connaître, et faire des causes ; alors Il Se dévoile — mais graduellement : car l’œil du cœur, comme l’œil physique, a besoin d’un temps d’adaptation à La Lumière afin de s’Y accoutumer, sous peine de devenir aveugle.
Les différents degrés de conscience se voient bien dans l’histoire de Khadir et de Moïse : autant le second a un degré de conscience très enviable, autant il n’atteint pas celui du premier, qui perçoit en toutes circonstances (et notamment dans certaines situations particulières) La Volonté d’ALLAH ﷻ et accomplit les causes correspondantes que ne comprend pas celui qui n’a pas son degré de conscience : car certaines choses ne peuvent être comprises et acceptées qu’avec un degré de conscience élevé.
C’est ainsi que les conscients, qui ont atteint un haut degré de dévoilement, peuvent seuls comprendre et accepter certaines catastrophes, certaines calamités, certains comportements de certains diables parmi les hommes, et eux-mêmes faire des causes apparemment contraires au bien tel que notre interprétation imparfaite de la Shariʿa nous permet de le comprendre — alors que le bien n’est pas nécessairement ce qu’on croit : c’est que ces gens du dévoilement ont la conscience de La Volonté d’ALLAH ﷻ et voient parfaitement où Il veut en venir, ils ont Sa Vision de l’état final recherché et peuvent agir en conséquence — quitte à mal agir en apparence.
La conscience n’est donc pas du tout ce qu’on en croit, elle est étroitement liée à la perception de La Présence d’ALLAH ﷻ ; il ne s’agit pas de vivre les choses en se sentant parfaitement éveillé pour être conscient : on peut se sentir dans un état de totale « lucidité », de totale « vigilance », et être en fait totalement dans le brouillard, et ne rien voir ; il s’agit, pour être conscient, de voir les choses par ALLAH ﷻ — et c’est ainsi que la conscience peut amener à tuer un enfant ou à saboter une embarcation, en dépit du bon sens apparent ; et c’est ainsi que Les Gens d’ALLAH ﷻ n’agissent pas selon la logique commune, qui n’est en réalité que pure inconscience.



