بسم الله الرحمن الرحيم
L’humain « Insan », comme Nafs résultant du mariage « Zawj » entre un corps porteur du Ruh et un Jinni porteur du Shayt, est bâti sur un paradoxe : quand le corps, par Ruh, n’aspire qu’au retour à ALLAH ﷻ et au détachement de la matière (même si la matière est LA condition de ce retour) ; quand le corps, donc, n’aspire qu’à la spiritualité, le Jinni, qui est pur esprit, n’aspire qu’aux jouissances des sens, du corps, et donc à la matérialité.
Car un corps à l’état de Fitra, soumis aux seuls instincts (dormir, manger…), qu’il en soit ou pas conscient, ne tend qu’à se rapprocher de Son Créateur — et on s’en rend bien compte lors de cette phase de déclin qu’est la vieillesse : après avoir fait le tour de la matérialité, on n’aspire plus normalement qu’à L’Essentiel ; et tous ces besoins élémentaires, dans leur satisfaction, ne doivent servir au corps qu’à adorer ALLAH ﷻ : on mange, on boit, on dort (et même on se reproduit !1) pour L’adorer — et toute autre intention qui viendrait se superposer à, ou même supplanter ce déterminisme, insufflée par le Shayt du Jinni, relèverait de la passion et de cette maladie du cœur qu’est l’ego (l’ego primaire en l’occurrence — et nous y reviendrons).
Et c’est bien ce qui finit par arriver, inéluctablement : car le Jinni, qui une fois lié au corps ne pense qu’à profiter des plaisirs exclusifs de la matière (car le monde matériel a l’exclusivité des plaisirs sensoriels, le Malakut étant plutôt austère), parvient toujours à le détourner de sa vocation initiale ; et si le corps ne conserve pas un minimum de son attachement muhammadien à ALLAH ﷻ (en d’autres termes, si le Ruh qui lui est attaché devient inopérant), il ne peut inverser la manœuvre et transmettre à son Qarîn, à terme, cette petite étincelle de l’intention du retour par quoi ce dernier finira par se convertir et impulser au corps la bonne orientation — car c’est bien le Jinni qui a le lead dans l’union Zawj2.
Mais la plupart des corps abdiquent devant l’autorité tyrannique des Jinn, ne parviennent pas à s’imposer dans leur imamat, et leurs Arwah finissent par s’altérer, s’atrophier, et ils deviennent les esclaves soumis de leurs Jinn qui peuvent les entraîner très loin dans la perdition.
D’ailleurs, on ne doit s’exercer à la spiritualité (au sens noble : la spiritualité religieuse — le Dhikr) que parce que les Jinn entraînent l’âme dans la matérialité forcenée, et parfois même dans une spiritualité douteuse, de bas étage (spiritisme, ouija, yoga, gnose et ésotérisme de pacotille…), qui se cantonne à ce marécage qu’est le Malakut, repère des démons parmi les Jinn éthérés : c’est cette pratique du Dhikr (mais du Dhikr enseigné et supervisé par un maître spirituel, impérativement) qui permet au corps de revivifier le Ruh et de contrebalancer l’influence du Qarîn et de son Shayt — voire de faire basculer le Jinni du bon côté et de neutraliser le Shayt.
- La perpétuation de l’espèce, au sens de la Fitra, ne sert qu’à poursuivre et transmettre l’adoration d’ALLAH ﷻ, toute autre intention étant vaine — et cela est bien illustré par les naissances miraculeuses d’Isaac et de Jésus : quiconque fait des enfants pour s’en enorgueillir, ou pour les adorer, est dans l’égarement. ↩︎
- On a déjà déterminé la dimension féminine symbolique du Jinni — et on sait parfaitement que, dans tout couple qui se respecte, c’est la femme qui « porte la culotte ». ↩︎


