بسم الله الرحمن الرحيم
Dans notre précédent article, nous avons abordé la question de la reproduction des Jinn : nous avons établi que le coït spirituel des Jinn consistait en un mélange d’énergies, en une simultanéité de pensées impliquant une complicité certaine — voire un lien d’amour ; et s’agissant de pensées d’ordre amoureux dans un contexte reproductif, on peut clairement parler de pensées érotiques : car si les Jinn n’ont pas les éléments biologiques de la reproduction (s’ils n’ont pas d’organes reproductifs), ils en portent toute la dimension imaginative, fantasmatique ; et ce sont eux qui, le plus souvent, par l’imaginaire, guident les corps des hommes dans leurs ébats, les incitent à réaliser leurs propres fantasmes ; mais quand ils copulent entre eux dans le Malakut (directement, sans corps interposés), cela est purement virtuel et imaginaire.
Il n’en demeure pas moins que se pose nécessairement la question du genre des Jinn : dès lors qu’on parle de reproduction et de sexualité, il est impossible d’éluder cette question que nous n’avions pas abordée jusque-là.
On sait déjà que les Jinn sont genrés : il existe des Jinn mâles et des Jinn femelles — c’est à dire des Jinn à qui ALLAH ﷻ a donné, dans leur proprium, aux uns les attributs de la masculinité, et aux autres les attributs de la féminité : une image de synthèse masculine aux uns et féminine aux autres, des traits de caractère masculins aux uns et féminins aux autres, une voix masculine aux uns et féminine aux autres, une sensibilité masculine aux uns et féminine aux autres… Cela relève du Décret d’ALLAH ﷻ et est intangible : donc, quand les Jinn se reproduisent, ça ne peut se faire (conformément à La Loi) qu’entre deux individus de sexe différent, dans le cadre d’une relation hétérosexuelle — et s’il s’agit d’une relation entre deux individus de même sexe (donc homosexuelle), elle est bien sûr d’autant plus inféconde qu’illicite.
Ceci étant dit, se pose à présent la question du couple Nafs que forment un corps adamique et un Jinni iblisien — et c’est là que les choses commencent à se corser : logiquement, un Jinni mâle reçoit un corps mâle, et une Jinnia femelle reçoit un corps femelle — c’est la règle générale ; mais il se peut qu’ALLAH ﷻ, à titre d’épreuve, attribue à un Jinni masculin un corps féminin, et à une Jinnia féminine un corps masculin — et nous comprenons mieux alors le phénomène des garçons manqués et des hommes efféminés, qui peuvent dériver, si le Shayt domine la Nafs, vers l’homosexualité et le transgenrisme (car le Jinni, au lieu de se soumettre au genre du corps qui prévaut1, veut soumettre le corps à son propre genre et le transformer — ce qui est bien évidemment défendu, Haram : le Jinni doit patienter avec le corps que lui a attribué ALLAH ﷻ, et là réside l’épreuve) ; la théorie du genre, en soi, est donc parfaitement fondée : il y a bien des hommes qui, à juste titre se sentent femmes, et des femmes qui, à juste titre se sentent hommes ; c’est juste la transgression à quoi tend cette théorie qui n’est pas fondée car, au lieu d’encourager les gens à patienter dans la crainte d’ALLAH ﷻ, on les incite à se rebeller, à refuser Son Décret, et à changer Sa Création.
Mais s’il y a les genres effectifs, il y a aussi toute la dimension symbolique dont sont chargés, dans le couple Nafs, en termes de genre, le Jinni iblisien et le corps adamique — et elle est intangible : ainsi, symboliquement, le corps adamique est l’élément masculin Rijal du couple Zawj (par Adam, le Ruh…), et le Jinni en est l’élément féminin (ne serait-ce que par l’instabilité due au Shayt2) — et ce, quels que soient leurs genres effectifs ; et même un Jinni mâle (comme c’était manifestement le cas d’Iblis), du point de vue de sa place dans Nafs, est symboliquement porteur de cette dimension féminine : ainsi, l’esprit de ʿUmar le viril, tout saint qu’il fût dans son essence prophétique, représentait dans sa Nafs sa part de féminité (par quoi il pouvait lui arriver de pleurer) — cette fameuse part de féminité des hommes, que certains refoulent et que d’autres assument et même cultivent3 ; et si le Jinni est le pôle féminin de Nafs (même d’un homme), le corps en porte quant-à lui toute la virilité (même d’une femme) : c’est lui qui combat quand c’est nécessaire, qui se lève pour prier et aller travailler, pour subvenir aux besoins de sa famille…
Donc, dans cette question du genre, il convient de distinguer l’aspect effectif de l’aspect symbolique : il ne faut jamais perdre de vue que, symboliquement, le corps est le mâle de Nafs, quand le Jinni en est la femelle — quel que soit le sexe effectif de l’un et de l’autre ; et que, effectivement, c’est le genre du corps qui l’emporte et détermine le genre de Nafs — quand bien même le genre du Jinni serait opposé : il appartient alors, à ce dernier, de se soumettre et d’endurer.
Et ALLAH ﷻ est Le Plus Savant.
- C’est bien le genre du corps qui, dans Nafs, l’emporte : le Jinni doit se soumettre au genre du corps adamique porteur de Ruh, même si son genre est différent. ↩︎
- On sait que les femmes sont sujettes à des variations hormonales qui les rendent instables en termes d’humeur, imprévisibles ; et on rapporte cette instabilité au Shayt du Jinni, qui perturbe la Nafs comme les sautes d’humeur de la femme perturbent son couple et son environnement. ↩︎
- Car, même avec un Jinni effectivement masculin, on peut accepter, assumer et même cultiver sa part de féminité jinnique symbolique, tout en sachant que c’est purement symbolique — et c’est même cette acceptation, par la connaissance qu’elle implique, qui permet de contrôler, dans son âme, cette part de féminité qui rend parfois le Jinni instable et imprévisible ; mais cela n’a rien à voir avec un Jinni effectivement féminin mais doté d’un corps masculin qui, au-delà d’accepter sa féminité dans un corps d’homme et de faire avec, chercherait à imposer son genre à sa Nafs et à féminiser son corps ; et même, ce serait cette féminité symbolique du Jinni qui se manifesterait, dans le cas d’un Jinni effectivement masculin qui chercherait à imposer son genre à sa Nafs et à masculiniser son corps, en ce qu’elle viendrait déstabiliser la Nafs. ↩︎




