بسم الله الرحمن الرحيم
On sait que chaque voie spirituelle sérieuse tient de Sayyidina Muhammad ﷺ une part de son héritage, dont elle est dépositaire et qu’elle se transmet de maître en maître : c’est le secret de la Tariqa — et il s’agit d’un secret en matière de Daʿwa au sens le plus large (appel — mais aussi initiation et éducation spirituelle suivie), comme une « recette » spécifique pour purifier les cœurs (et les corps par voie de conséquence) : c’est ainsi que la Naqshbandiyya est spécialement portée sur le lien d’amour entre maîtres et disciples, sur l’effort de Rabita (qui précède nécessairement le Madad), et sur le Daʿwa universel, qui s’adresse non seulement à toute l’humanité, mais encore à la création entière (quand beaucoup de voies sont axées sur un Daʿwa interne à la Umma — un Daʿwa de revivification — qui est tout aussi utile que le premier) — même si c’est bien plus complexe et bien plus profond que ça.
Et c’est le Wird qui cristallise le secret de chaque Tariqa, car le choix et l’assemblage des versets forme un sens particulier accessible aux seuls initiés — et ce sens, c’est le secret.
C’est pourquoi le Wird d’une Tariqa est loin d’être anodin, qu’il se transmet de façon rituelle, et que sa récitation répond à des règles strictes qui tiennent au principe de synchronicité : ça n’est pas n’importe quand n’importe comment, et ça doit s’aligner parfaitement, dans une temporalité déterminée, avec des forces invisibles d’ordre angélique ; car le Wird, comme la prière, a son temps qu’il convient de respecter si on veut être en phase avec L’Ordre Divin.
Mais ces contraintes ne concernent que les gens destinés à une Tariqa — ce qui est loin d’être le cas de tout le monde ; car la Tariqa n’est pas LE gage exclusif de succès, elle n’est qu’une voie qu’ALLAH ﷻ fait emprunter (parmi bien d’autres) à certains serviteurs, selon des critères qui n’appartiennent qu’à LUI ; mais celui qui est destiné à une Tariqa doit se soumettre à ses règles, dont la mémorisation et la récitation codifiée du Wird : cet apprentissage fait partie de l’initiation — et il en est même la base, le fondement.
Et on ne parle pas ici du Khatm, qui se trouve un cran au-dessus dans l’initiation.

