بسم الله الرحمن الرحيم
On l’a déjà dit, la théorie de l’évolution n’est en rien incompatible avec les Écritures (qui sont purement métaphoriques et paraboliques) et la foi : c’est ainsi que le corps adamique doté de Ruh correspond à l’Homo sapiens — d’où le passage, entre-temps, avec Homo erectus, à la station debout qui est la station de la prière1 ; Homo sapiens qui descend donc d’un primate propre à l’espèce humaine (l’australopithèque), destiné à devenir Homo sapiens et aujourd’hui disparu comme tel (puisque devenu Homo sapiens via Homo habilis, Homo erectus, Homo neanderthalensis), et non pas d’un singe parmi ceux déjà existants dans la création.
Quant-à la première femme adamique « créée de la côte d’Adam », qu’on confond avec Ève2, elle n’est pas littéralement issue d’une côte d’Adam (qui aurait donc été « charcuté » à cette fin ???) : c’est bien entendu une image qui signifie que la première femme dotée de Ruh est issue de l’union biologique d’Adam avec celle qui était « à son côté » (métaphoriquement : sa côte) — comprendre : sa compagne non adamique (donc Homo erectus) de l’époque.
Quoi qu’il en soit, il ne faut jamais perdre de vue que tout, dans les Écritures, a une dimension métaphorique et parabolique, le sens littéral servant à voiler la Vérité qui se mérite ; et sans cette conscience, on s’empresse de tout lire au premier degré au lieu de garder l’esprit ouvert en mode méditation : les Écritures sont mystère, et il faut l’accepter, et attendre patiemment l’ouverture de La Part d’ALLAH ﷻ (ou pas) qui donnera la compréhension (ou pas) et l’accès (ou pas) aux secrets de la Maʿrifa ; mais cette conscience, à défaut d’ouvrir systématiquement à la connaissance, permet au moins, en maintenant dans le doute raisonnable et l’interrogation, de ne pas se fourvoyer.
- Homo erectus était une étape préparatoire, préliminaire, dans la formation de l’homme adamique parfait (achevé) — et même l’étape finale avant Homo sapiens : il représentait la statue d’argile au moment ultime de son développement, pas encore dotée de Ruh mais déjà physiquement prête à accomplir la prière (et la première étape de cette statue consistait donc en ce primate spécifique à l’homme qu’était l’australopithèque) ; car il faut bien comprendre que cette statue d’argile, qui a attendu « 40 ans » avant de recevoir Ruh, est une métaphore qui représente la maturation, le façonnement (sawwa) par ALLAH ﷻ du futur homme adamique complet : car cette période n’est pas figée, elle englobe tout un processus d’évolution, de maturation — et même ces « 40 ans », parfaitement symboliques, correspondent à notre échelle terrestre à une période bien plus longue. ↩︎
- L’imaginaire collectif assimile volontiers Ève à la première femme adamique dotée de Ruh, tout comme il voit en elle la première partenaire sexuelle d’Adam et donc la mère de l’humanité ; or, Ève n’est rien de tout cela, elle n’est que le Jinni d’Adam dans le cadre du mariage Zawj de son corps avec un Qarîn (comme Yahya était le Jinni de ʿĪsā ?) ; et même, la première femme adamique dotée de Ruh et la partenaire sexuelle d’Adam (sa femme) sont deux personnes différentes, la première étant rien moins que la fille de la seconde. ↩︎


