بسم الله الرحمن الرحيم
Quant aux affaires des hommes, ALLAH ﷻ, via les anges, Se contente le plus souvent d’enregistrer leurs intentions, leurs choix, et de leur ouvrir les portes correspondantes : pour chaque situation, Il leur a soumis plusieurs choix différents (des bons et des mauvais), et ce sont eux qui décident avec leur libre arbitre.
Mais il est des cas où ALLAH ﷻ reprend la main et S’immisce dans les affaires des hommes, et ces situations particulières exigent l’intervention matérielle de serviteurs tiers — sans quoi ALLAH ﷻ Se dévoilerait ; et seuls certains serviteurs (une poignée en vérité) sont habilités à agir dans ce cadre, car ils ont la faculté spéciale, par Inspiration Divine, de savoir quoi faire, quand, et comment : ils sont informés par ALLAH ﷻ de L’Intention Cachée d’ALLAH ﷻ, et procèdent conformément à Cette Intention.
Ces Serviteurs, ce sont les Afrad, et leur maître, c’est Al-Khidr ; et c’est par cette inspiration spéciale que ce dernier a su qu’il fallait neutraliser la barque des pêcheurs pauvres, éliminer le mauvais rejeton des parents pieux, et redresser le mur des héritiers — toutes choses qu’on ne pouvait savoir sauf information expresse de La Part d’ALLAH ﷻ : de fait, même le prophète Moïse, jouissant pourtant d’une connexion spéciale avec ALLAH ﷻ s’agissant de La Loi, mais limité aux seules apparences pour ce qui était de l’appréhension de ces situations particulières, ne pouvait savoir, faute d’une vision clairvoyante des causes et des effets, d’une vision globale, qu’il fallait agir ainsi.
Et on ne pouvait le blâmer de cette méconnaissance : car le savoir, en la matière, ne lui appartenait pas — et c’est très logiquement qu’il aurait agi, dans ces situations, en fonction de sa propre science, pour la réception, l’application, et l’enseignement de laquelle il était programmé ; là où il était blâmable, en revanche (du point de plus savant que lui, s’entend — et on croit Al-Khidr sur parole quand il affirme que Moïse était blâmable), c’était par et pour son manque de patience dans ces affaires, car il avait été informé qu’elles dépassaient sa science et que, surmontant son indignation, il devrait s’abstenir de réagir aux actions d’Al-Khidr — et là réside pour nous l’enseignement majeur : car il est des choses, dans le monde, dont on s’indigne sans connaissance — et c’est ainsi que nous vivons les guerres, les calamités, les crimes (et bien d’autres choses douloureuses) comme des injustices flagrantes, alors qu’ils ne sont que les causes préparatoires de bienfaits qui nous sont cachés ; et leurs auteurs, qu’ils soient des Shayatin ou des Afrad, ne font qu’agir par L’Intention, La Volonté, et La Permission d’ALLAH ﷻ : ainsi, soit Il enfonce, en les poussant à l’acte dont Il leur attribue la pleine responsabilité, des Shayatin qui ont eu une mauvaise intention ; soit Il dépêche, lorsqu’une intervention humaine est nécessaire (comme faire un trou dans un bateau ou remonter un mur) et que personne d’autre ne peut s’en charger, Ses Agents très spéciaux.
Et ces Agents Secrets d’ALLAH ﷻ, ce sont donc les Afrad dont Al-Khidr est le maître — le saint patron : ce sont eux qui reçoivent, par Inspiration Divine, Les Intentions Cachées d’ALLAH ﷻ et Les exécutent dans le monde des causes manifestes, Les transforment en actes concrets produisant des effets tangibles — et ils ne peuvent le faire qu’avec La Miséricorde du Rahman, Le Filtrant Qui fait la part des choses et cause un mal apparent pour un bien transcendant : un mal dont on ne voit les effets bénéfiques que bien plus tard, parce qu’on n’a pas le recul nécessaire pour le comprendre sur l’instant.
Au confluent des deux mers (les sciences exotériques et ésotériques), ils sont les points de ralliement de ces deux océans de savoir qu’ils concentrent et conjuguent en eux, isthmes vivants de la Connaissance mystique qu’on appelle la Maʿrifa — et c’est pour manifester L’Ordre Divin sur terre, quoiqu’en comprennent les hommes (et le plus souvent, à l’instar de Moïse, ils n’en comprennent pas grand-chose), qu’ils sont ainsi dépositaires de cette Connaissance gnostique parfaite et achevée ; et il faut, pour reconnaître ces Serviteurs dans leurs actions, une clairvoyance particulière — une Basira spécialement développée ; et si on a cette Basira et qu’on arrive à distinguer ces serviteurs solitaires dans la foule, c’est probablement qu’on est soi-même un Fard — car on ne les reconnaît pas comme ça, et il a fallu à Moïse le signe du poisson pour trouver Al-Khidr.




