بسم الله الرحمن الرحيم
On a déjà évoqué les Shuyukh dits « de représentation » qui, dans la droite ligne des prophètes, sont des Représentants d’ALLAH ﷻ sur terre — des vendeurs, des commerciaux, des VRP dont la fonction, publique, est de Le « vendre » aux hommes, de faire Sa Promotion, Sa Campagne ; non pas qu’Il en ait besoin, mais cette fonction (entre autres finalités) est une manière d’honorer (et d’éprouver) ces Shuyukh ; à la différence des prophètes (du souffle desquels ils sont créés, et auxquels ils sont subordonnés), ces Shuyukh n’ont pas une dimension universelle : quand les prophètes sont voués à être connus de toute l’humanité (pour les plus éminents comme Jésus), ou du moins à chapeauter une communauté humaine élargie, les Shuyukh de représentation ont une dimension un peu plus confidentielle, et ne s’adressent qu’aux croyants, dans une optique de revivification de la foi ; certes, leur aura est telle qu’ils ont la faculté de rappeler ALLAH ﷻ aux mécréants qu’ils croisent, mais leur mandat ne s’adresse pas à eux : ils sont bien là pour rappeler ALLAH ﷻ à des groupes ciblés de croyants.
Pour accomplir cette tâche spécifique, ils ont été dotés par ALLAH ﷻ d’un charisme particulier (dont les prodiges — qui permettent essentiellement de les distinguer, car les prodiges en soi ne servent pas à grand chose, et c’est une litote — sont un aspect), et sont particulièrement éloquents à l’oral : ALLAH ﷻ a mis la lumière dans leur discours (mais aussi dans leur physique), et cette lumière agit un peu comme des phéromones.
Ils sont une catégorie d’Awliya — mais ils ne sont pas les seuls à relever de la Wilaya, loin s’en faut : il y a également les purs éducateurs spirituels (les Shuyukh de représentation ont souvent cette casquette aussi, bien que ce ne soit pas leur fonction principale), qui s’adressent à une poignée de disciples (parfois un seul) auxquels ils inculqueront la foi dans toute son étendue, des sciences exotériques aux sciences ésotériques ; ces Murshidin sont généralement cachés, anonymes, noyés dans la foule, voilés, et ALLAH ﷻ ne guide vers eux que ceux qu’Il choisit, et seuls les initiés les reconnaissent dans leur dimension mystique et leur sainteté.
Il existe aussi une catégorie dédiée à la recherche, qu’ALLAH ﷻ monopolise pour un travail de méditation dans le cadre duquel Il distille un savoir spécifique — dans un volume donné et pour une durée déterminée ; ceux-là, un peu comme des scribes, consignent sous Sa Dictée, via les anges, des informations de l’ordre de l’inspiration (Ilham), et cela produit des livres dont le Shams Al-Maʿarif est un parfait exemple ; et c’est ALLAH ﷻ Qui donne à cette science révélée la notoriété qu’Il veut : elle peut rester confidentielle (mais dans tous les cas son émergence dans le monde matériel a un sens, une finalité précise), ou universellement connue — ou les deux à la fois : c’est ainsi que l’œuvre de Shaykh ʿAbd Al-Wahid Yahya (René Guénon) est mondialement connue en surface, mais parfaitement méconnue dans sa dimension ésotérique — si ce n’est d’une poignée d’initiés.
Quoiqu’il en soit, tous ces Shuyukh ont en commun la ʿUbudiyya (la servitude) : ils ne s’appartiennent pas, et exécutent par ALLAH ﷻ et pour ALLAH ﷻ la tâche à laquelle Il les destine.


