بسم الله الرحمن الرحيم
On confond souvent ego et Nafs ; or, il ne s’agit pas à proprement parler de la même chose : Nafs, c’est l’âme humaine résultant du mariage entre un corps doté de Ruh (qui désigne la connexion à L’Esprit Divin) et d’un Jinni Qarîn doté d’un Shayt qui incline au mal ; l’ego, c’est une maladie du cœur qui désigne l’attachement excessif du Qarîn (via son Shayt) à la Nafs plus ou moins conscientisée.
L’ego est double : il y a l’ego primaire, qui est l’attachement à la satisfaction du corps dans ses besoins primaires (il n’est pas narcissique, son objet n’est pas l’image de soi mais le seul assouvissement des besoins matériels avec une intention de jouissance) ; et l’ego secondaire, qui est l’attachement narcissique à l’image de soi.
À la base, l’assouvissement des besoins élémentaires du corps relève de l’instinct, qui lui-même procède de Ruh : il s’agit d’un mécanisme du corps par lequel il va se suffire aux fins de survie, dans le but d’accomplir sa vocation première qui est d’adorer ALLAH ﷻ : il n’y a pas de calcul ni d’intention, c’est un pur automatisme ; mais si ce mécanisme se double de l’intention de prendre du plaisir, on glisse vers cette maladie du cœur qu’est l’ego primaire : le Jinni, qui a développé un plaisir, une jouissance, dans l’assouvissement des besoins élémentaires du corps, va pousser ce dernier à le répéter sans cesse — mais avec cette fois l’intention claire du plaisir : ainsi, il ne s’agit plus de s’alimenter pour survivre, mais pour le plaisir de manger ; il ne s’agit plus de s’accoupler pour perpétuer l’espèce, mais pour la seule jouissance de l’orgasme ; il ne s’agit plus de dormir pour se régénérer, mais pour la volupté qu’on trouve dans le sommeil ; et on développe ainsi, sur la base de cette maladie du cœur qu’est l’ego primaire, tous ces péchés du corps que sont la gourmandise, la fornication, la paresse….
L’ego primaire se retrouve chez les animaux et les jeunes enfants ; il est un degré moindre de l’ego, car il n’implique pas la conscience de soi et la culture de l’image : il s’agit juste de reproduire des sensations élémentaires pour en jouir — et il s’agit d’une maladie initiée par le Qarîn et son Shayt : les âmes/Anfus des enfants et des animaux étant composées d’un Jinni, c’est bien lui qui, par son Shayt, développe cette maladie de l’ego primaire ; et comme c’est la Nafs constituée qui enregistre les sensations découlant de la satisfaction de l’instinct, c’est bien vers la Nafs (du moins le secteur de Nafs qui reçoit et traite ces sensations) que va se tourner le Qarîn avec son Shayt.
Quant-à l’ego secondaire, plus complexe, plus élaboré, avec des implications plus graves, on en a déjà parlé : c’est de lui que découlent toutes ces déviances liées à la conscience de soi (dont elles sont autant de dérivés) que sont l’orgueil, la mégalomanie, le narcissisme…
Il s’agit juste de retenir, ici, que l’ego et la Nafs sont deux choses différentes ; et si le premier s’attache bien à la seconde, celle-ci peut tout aussi bien s’en purifier par le Dhikr, en développant notamment cette autre composante dont elle est faite qu’est le Ruh du corps ; et une Nafs élevée, éduquée, est justement une Nafs consciente de sa structuration, qui se connaît, qui sait qu’elle a en elle un Qarîn dont le Shayt va le pousser à s’attacher à elle et même à la cultiver (soit comme chambre d’enregistrement des plaisirs du corps, soit comme manifestation d’une image dans le monde matériel) ; et ainsi consciente de cette force encline au mal, elle va pouvoir travailler à son contrôle, voire à sa réduction, avec cet outil à sa disposition qu’est le Ruh qui permet, via le corps, le Dhikr et les adorations.



