بسم الله الرحمن الرحيم
Les esprits/Jinn, une fois créés, sont coupés d’ALLAH ﷻ1, avec chacun un secret (qui est ce qu’il a d’ALLAH ﷻ, ce qu’ALLAH ﷻ lui a donné de LUI), exclusif (que personne d’autre que lui n’a) mais caché.
Le seul moyen qui lui soit donné par ALLAH ﷻ de revenir à ALLAH ﷻ (de rétablir le lien avec LUI), et de découvrir son secret, c’est l’expérimentation du monde sensible via le corps adamique, car ce dernier est doté de la connexion avec L’Esprit Divin — et cette connexion, c’est Ruh.
Car c’est la connaissance d’ALLAH ﷻ, via le corps adamique et Ruh, qui permettra à l’esprit/Jinni d’identifier son secret : car en connaissant ALLAH ﷻ, il verra ce qu’il a de LUI (tout comme, en connaissant son père, en connaissant ses traits de caractère, on identifie ceux qu’on a hérités de lui) — ce qui implique de se connaître préalablement : le cheminant doit d’abord identifier ses attributs, sans nécessairement savoir ce qui relève du proprium et ce qui relève du Divin ; et au fur et à mesure qu’ALLAH ﷻ Se dévoilera à LUI dans Ses Attributs, il pourra faire le tri, et constater — par exemple — que sa nervosité et son anxiété relèvent plutôt de son proprium, quand sa générosité, son esprit de justice, sa créativité… sont clairement d’Ordre Divin.
Et au-delà des attributs les plus « communs » (ceux qu’on connaît à travers Al-Asma Al-Husna), il finira par découvrir (par La Grâce d’ALLAH ﷻ), qu’il partage avec ALLAH ﷻ une chose exclusive2, que nul autre que lui ne détient — et là est son Sirr, son secret.
Mais cela ne peut se faire que par cette immersion dans le monde matériel3, par la lecture des Ayat qui s’y trouvent, par la rencontre des Gens d’ALLAH ﷻ (prophètes, saints, bienfaisants…) ; et donc à l’état de Nafs — c’est-à-dire, pour l’esprit : après avoir intégré le corps adamique qui est la porte du monde sensible ; et surtout, en dépit de ce handicap majeur que constitue, pour l’esprit (même après son union Zawj avec le corps adamique doté de Ruh), son inclination iblisienne au mal — son Shayt.
Et ce Shayt est particulièrement développé chez les Jinn issus des anges créés du troisième état de la lumière muhammadienne, qui constituent la plupart des Anfus — celles destinées à l’enfer ; mais on a déjà vu que même les gens de l’enfer pouvaient s’élever vers ALLAH ﷻ, et donc connaître leur Sirr : car l’enfer (comme le paradis) fait partie du destin horizontal — et destin horizontal et cheminement vertical sont deux choses bien distinctes ; c’est juste qu’ils partent avec un plus gros Shayt, et donc un plus gros handicap ; quant-aux esprits des pieux, créés des souffles des saints et qui constituent une minorité d’Anfus — celles destinées au paradis —, ils ont certes un Shayt mais « allégé » ; et surtout, ils ont cette inclination naturelle et innée au Divin, à la foi, à la piété (qui n’est jamais que la Fitra mais renforcée, prévue pour durer et se manifester très tôt, sans chute intermédiaire, sans transition dans le mal) qui va leur faciliter considérablement la tâche4.
- Une fois créés (pleinement conçus, pensés, imaginés par ALLAH ﷻ), les esprits — qu’ils soient des Jinn dérivés des anges ou des esprits créés des souffles des prophètes —, avec leurs noms génériques et leurs images de synthèse (mais avec aussi, en parallèle, tout ce qui leur sera attribué en temps voulu : programme de vie/destin, proprium…), sont rangés dans le compartiment de Sa Mémoire consacré à l’univers muhammadien (dont Al-Lawh Al-Mahfûz formalise et synthétise l’idée), dans un « dossier » dédié : ils sont ainsi classés, répertoriés dans l’attente de leurs « corps » (qui ne sont, pour chacun, que le programme de sa vie matérielle — c’est-à-dire la suite de sensations qui composera sa vie) ; tant qu’ils sont ainsi rangés, ils sont mis en veille et coupés de La Pensée Immédiate d’ALLAH ﷻ — c’est-à-dire qu’Il ne S’occupe plus d’eux jusqu’à ce que vienne leur temps, leur tour d’être pris en charge et « pensés » dans leur vie matérielle : jusqu’à ce qu’Il les fasse remonter à la surface — au niveau de Sa Pensée Immédiate, Actuelle ; car il est important de comprendre que L’Esprit Divin, L’Intelligence Divine, C’est une multitude de niveaux de pensée (de la pensée prioritaire à la pensée contingente), de degrés de mémoire (de la pensée immédiate, active, à l’oubli contrôlé), et de compartiments correspondant chacun à une idée bien précise, à un concept déterminé (divisés en sous-idées, sous-concepts) — et l’un d’eux correspond donc à l’univers muhammadien (parmi bien d’autres dédiés à d’autres créations, d’autres univers dont nous n’avons pas le moindre embryon de commencement de début d’idée). ↩︎
- Le plus souvent une connaissance spécifique. ↩︎
- Quand on parle d’immersion (on peut aussi parler d’incursion), il faut voir ça comme une expérience comparable à celle vécue avec un casque de réalité virtuelle : l’esprit « rentre » dans le monde matériel au sens où il s’y noie mentalement, totalement accaparé qu’il est par cette dimension, saturé ; mais en réalité, ce monde ne lui est en rien extérieur, il lui vient de l’intérieur comme n’importe quelle pensée — car les sensations ne sont jamais que des pensées (donc virtuelles) avec une illusion de matérialité (on croit toucher mais la sensation du toucher est purement mentale, psychique). ↩︎
- C’est juste que l’esprit du pieux, à la base, même s’il incline spontanément au Divin, n’a pas la connexion avec LUI : il ne peut L’évoquer, L’invoquer, Le prier que par le Ruh du corps, quand il épouse ce dernier dans le cadre de Nafs ; sinon, il est comme un fan qui rêve de son idole sans aucun moyen de l’atteindre et de lui dire son amour : impuissant ; il doit donc nécessairement en passer, lui aussi, pour réaliser sa piété, par le corps et le monde sensible. ↩︎




