بسم الله الرحمن الرحيم
La prière nécessite non pas une purification et une orientation, comme on le croit communément, mais deux purifications et deux orientations :
- La double purification : la purification du cœur (Istighfar), et la purification du corps (Wudu ou Ghusl) ; car : « certes, ALLAH ﷻ aime ceux qui se repentent [1], et Il aime ceux qui se purifient [2] » (Qur’an 2:222) ;
- Les deux orientations : l’orientation du cœur (vers ALLAH ﷻ, par le Dhikr), et l’orientation du corps (vers la Kaʿba) ; car : primo, « et à ALLAH ﷻ appartiennent l’Orient et l’Occident ; où que vous vous tourniez, La Face d’ALLAH ﷻ est donc là » (Qur’an 2:115) : ce qui signifie qu’un cœur orienté vers ALLAH ﷻ par le Dhikr Le trouve où qu’il se tourne, car sa vigilance (Muraqaba) est permanente (et il va de soi qu’un cœur qui ne Le voit pas où qu’il se tourne n’est pas orienté vers LUI — car il ne L’évoque pas — mais vers le monde matériel qui l’accapare : certes, La Face d’ALLAH ﷻ est partout et en permanence, mais encore faut-il avoir l’intention de La trouver — de se tourner vers Elle — pour que Cette (Omni)présence devienne effective, manifeste) ; et secundo, « tourne donc ton visage vers la mosquée sacrée » (Qur’an 2:144).
Cette double purification et cette double orientation sont les deux conditions de la mise en présence qui précède nécessairement la conversation qu’est la prière ; ainsi : « réussit, certes, celui qui se purifie [doublement], et se rappelle Le Nom de son Seigneur [donc fait le Dhikr — c’est-à-dire oriente son cœur vers ALLAH ﷻ], prie [c’est-à-dire oriente son corps vers la Kaʿba, puis engage la conversation avec ALLAH ﷻ]» (Qur’an 87:14-15) ; on note que l’étape de l’orientation du corps, centrale, est transitionnelle entre les étapes de mise en présence et la prière à proprement parler : point de pivot, elle appartient aux deux — à la fois à la mise en présence, et à la fois à la prière : elle vient conclure la première tout en initiant la seconde, et cela signifie que, normalement, on ne peut se tourner vers la Kaʿba qu’après s’être doublement purifié et avoir fait le Dhikr ; s’il manque ne serait-ce que le Dhikr, la mise en présence n’est pas parfaite, et les conditions de la réussite selon le Qur’an, telles qu’exposées dans ces deux versets, ne sont pas réunies : la prière est donc théoriquement vaine, nulle et non avenue — et n’était Sa Miséricorde, elle serait automatiquement refusée en l’état.





