بسم الله الرحمن الرحيم
Si le Qur’an, qui s’adresse aussi bien aux Jinn qu’aux hommes, est exclusivement matériel1, et pas invisible/imaginaire, c’est tout simplement qu’il procède du Ruh2, que le Ruh est déposé (insufflé) par ALLAH ﷻ dans le corps adamique3, et que le Jinni n’y a donc accès que par son conjoint corporel adamique.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Jinn non incorporés n’ont d’autre moyen d’accès à La Parole d’ALLAH ﷻ que de se rapprocher des hommes (qui La détiennent, La gardent, La récitent, La propagent) — voire de les intégrer, de les posséder (même si c’est rarement pour profiter du Qur’an qu’un Jinni non incorporé vient envahir une Nafs, mais plutôt pour l’égarer4 — et c’est la raison pour laquelle les Jinn croyants, dotés d’un minimum d’Adab, ne se permettent pas ce viol, et observent scrupuleusement avec leurs mentors humains une distance respectueuse ; même si on trouve parmi eux quelques bourrins pas encore éduqués, qui dans un premier temps entrent sans frapper, mais finissent par sortir assez rapidement car les Jinn résidents, croyants, les ont mis au pas sans délai, usant de leur autorité morale sur ces rustres).
1 On appréhende le Qur’an par les sens : sa lecture se fait par les yeux et la langue, son audition se fait par les oreilles, et sa mémorisation et sa méditation passent nécessairement par ces étapes sensibles — et cette dimension sensible du Qur’an en fait bien une création.
2 Le Qur’an procède de Ruh comme fruit de l’arbre sacré, béni, par quoi Se manifeste ALLAH ﷻ pour guider (et c’est bien par son Ruh que Sayyidina Muhammad ﷺ a reçu de Jibril ce fruit délicieux qu’est la révélation) — quand Il utilise, pour égarer, l’arbre maudit « Zaqqum », l’arbre du fruit défendu qui procède du Shayt. (Car tout vient d’ALLAH ﷻ, Qui a créé le bien et le mal — l’arbre de la Connaissance et l’arbre de l’égarement ; et s’Il veut égarer une créature qui n’a pas l’intention de retourner à LUI (voire qui a clairement l’intention de LUI tourner le dos), Il laisse le libre arbitre de cette créature se gaver, se repaître à satiété des fruits de cet arbre qu’il met bien en évidence sous son nez en mode : « C’est bien ça que tu veux ? Sûr ? Ça te plaît ? Et bien vas-y, fais-toi plaisir, mange ! Mais ne viens pas te plaindre après, Je t’aurai prévenu… » ; et cela passe donc par le Shayt, qui est chargé de ce travail de prise en charge des récalcitrants qui ont choisi de ne pas Le choisir — et ce travail consiste à proposer en permanence les fruits défendus de l’arbre Zaqqum, un peu comme un dealer essaye de refourguer sa came en sortie de boîte.)
3 Le corps adamique, on le rappelle, est la partie matérielle de ce couple qu’est Nafs, la partie purement spirituelle étant le Jinni.
4 Une possession n’est jamais que le partage d’un corps adamique par plusieurs Jinn, dont un seul est légitime quand le (ou les autres) est (sont) un (des) squatteur(s) tyrannique(s) et mal intentionné(s) (et généralement invité(s) par Nafs — par jeu, défiance, stupidité, dans le cadre de pratiques douteuses comme le spiritisme, le Ouija…) : on se retrouve ainsi avec une Nafs non plus bipolaire, bicéphale (corps + Jinni légitime), mais multipolaire, multicéphale (corps + Jinni légitime + Jinn(i) intrus) — et là réside l’explication de bien des troubles psychiques (schizophrénie, trouble dissociatif de l’identité…) ; on note que les Jinn possesseurs n’investissent généralement pas les plus fins ni les plus croyants des hommes, normalement préparés à ce type d’agression, mais qu’ils doivent saisir l’opportunité d’une invitation quand elle se présente (soit émanant du sujet lui-même — et ça n’est généralement pas le couteau le plus affûté du tiroir —, soit émanant d’un sorcier parmi les hommes qui a besoin d’un nervis parmi les Jinn pour manipuler un sujet).





