بسم الله الرحمن الرحيم
Comme il ne pouvait pas y avoir dans une seule et même voie à la fois Abu Bakr et à la fois ʿAli (qui sont tous deux des « têtes de voie » — ALLAH ﷻ soit Satisfait d’eux et les agrée), mais comme d’un autre côté ʿAli ne pouvait pas être absent de la Naqshbandiyya, c’est Salman Al-Farisi (ALLAH ﷻ soit Satisfait de lui) qui y est son Muqaddim — d’où la présence de ce dernier dans cette voie à la suite d’Abu Bakr ; et comme il détenait de Sayyidina Muhammad ﷺ en personne les deux secrets (celui transmis à Abu Bakr d’une part, et celui remis à ʿAli d’autre part), il est à sa place dans toutes les voies.
Ainsi, Sayyidina Salman a cette particularité qu’il peut représenter les deux « têtes de voie », qui elles sont « astreintes » à la représentation exclusive de la voie globale (et de ses branches) dont elles sont la tête ; et même si ces « têtes de voie » détiennent largement plus que « leur » secret, elles ne sont chargés que de la représentation et de la transmission de celui-ci, sans pouvoir empiéter sur l’autre (et on a là la division majeure entre Sunnisme et Shiisme — mais aussi des différences de fond dans le Sunnisme via le Tasawwuf).
Salman est donc un personnage singulier de la spiritualité islamique, et une figure centrale (si ce n’est LA figure centrale) de la Wilaya dans sa globalité, toutes époques confondues — passées, présentes, et à venir.
Et seul Al-Khidr (ALLAH ﷻ soit Satisfait de lui), sur un autre plan, lui dispute cette singularité.
Quoiqu’il en soit, on peut dire que ʿAli est bien présent dans la Naqshbandiyya — et c’est par son fidèle Salman qu’il y ajoute sa propre lumière : la Naqshbandiyya est donc une voie complète, s’il en est.





