بسم الله الرحمن الرحيم
Il n’y a rien de vraiment, de formellement obligatoire en religion, on ne fait normalement les choses que de bonne grâce avec son libre arbitre : c’est une question de sincérité, et un pacte moral avec ALLAH ﷻ ; et tout le Fard (l’obligatoire) n’est en réalité qu’une obligation de principe, qu’on est parfaitement libre d’observer ou pas.
Ainsi convient-il de pratiquer sa religion avec l’esprit libre, pas de la vivre comme une contrainte : car si persiste un sentiment de contrainte, cela signifie qu’on n’est pas vraiment soumis dans le cœur, qu’une part de soi refuse encore la religion et s’y plie de mauvaise grâce ; et si on n’est pas convaincu qu’on ne fait que remplir des obligations qu’on s’est soi-même imposées, on ne peut vraiment tenir dans la durée — mais ce degré implique tout de même une certaine maturité.
Car dans l’absolu, c’est ALLAH ﷻ Qui guide et décide de plonger quelqu’un dans la religion — sur la base toutefois d’une intention préexistante qui est la condition sine qua non ; mais il est bien évident qu’au moment où ALLAH ﷻ accueille un serviteur dans Sa Religion, celui-ci est loin d’avoir la foi parfaite, car son Shayt se manifeste encore et il lui faudra accomplir un long cheminement avant d’être soumis dans la paix, d’être totalement en phase et en accord avec toutes les obligations qu’impose la foi — qui d’ailleurs à ce stade ne sont plus des obligations mais des évidences, des automatismes.
Mais s’il doit normalement finir par disparaître avec le temps, ce sentiment de contrainte, voire de coercition, est nécessaire au début, car il implique l’effort par lequel ALLAH ﷻ donne la piété, selon Sa Parole : « Quant-à ceux qui se mirent sur la bonne voie, Il les guida encore plus et leur inspira leur piété. »
Et ici, se mettre sur la bonne voie signifie bien faire l’effort contre son âme pour se soumettre à des adorations qui sont loin d’être évidentes et naturelles au début (et quand on parle de « début » on ne parle pas forcément de l’état de grâce qui accompagne les tout premiers temps, mais surtout des années qui le suivent où commencent à s’installer la routine et l’usure — sans compter la déception que ne peut manquer de susciter inévitablement la Umma) : car si c’est bien ALLAH ﷻ Qui guide, c’est au serviteur qu’incombe l’épreuve de l’effort de se plier avec constance aux actes d’adoration.
Effort qui finit par se transformer en acte aussi naturel que respirer.


