C’est quoi Ruh ?

  1. Pour rappel, le terme Ruh, englobant, désigne l’ensemble composé de l’esprit personnel (le Jinni Qarîn), de L’Esprit Divin, et de l’esprit muhammadien qui les relie et par quoi circulent, via les anges, les échanges entre les deux ; l’esprit muhammadien est lui-même constitué, globalement, d’un flux descendant par quoi ALLAH ﷻ alimente l’esprit personnel en sensations du monde sensible (autrement dit : par quoi Il lui donne l’illusion du corps et de la vie matérielle), et d’un flux montant par quoi ALLAH ﷻ permet à Son Serviteur de se tourner vers LUI et de s’adresser à LUI (après lui avoir donné la conscience de Sa Présence — c’est-à-dire après lui avoir accordé ce dévoilement élémentaire — suite à son intention sincère de Le retrouver) : c’est notamment le flux montant qui permet la prière et les invocations, par lui qu’elles s’élèvent « en un jour dont la durée est cinquante mille ans » (70:4) ; ce qui signifie qu’une personne qui ne prie pas ou n’invoque pas (et qui d’une manière générale n’a pas la moindre conscience ni le moindre souci de son Seigneur, exclusivement tournée qu’elle est vers le Dunya) a le flux montant de son Ruh neutralisé. ↩︎
  2. Les gens du paradis, dont les esprits sont créés du souffle (de la foi) des prophètes, ont un ratio Fitra/Shayt d’au moins 51/49, quand les gens de l’enfer, dont les esprits personnels (les Jinn) sont dérivés des anges mineurs créés du troisième état de la lumière muhammadienne à la suite d’Iblis, ont un ratio Fitra/Shayt d’au plus 49/51 — et c’est plutôt, généralement, de l’ordre de 5/95 ; car il demeure toujours un résidu de Fitra, même chez les mécréants ; mais si ce résidu est certes bien plus élevé chez les pieux, au point qu’il l’emporte toujours sur le Shayt (il ne s’agit donc plus d’un « résidu » à proprement parler), il n’en demeure pas moins que la Fitra recule toujours nécessairement au profit du Shayt : si à la base sa valeur est de 99,99 (pour une valeur de 0,01 échéant au Shayt), elle amorce systématiquement un retrait, comme la mer se retire, dès lors que l’esprit est marié au corps et que le Shayt rentre dans le sang — et on précise bien que c’est le corps adamique, à la base, qui est pur (en état de Fitra, puisque porteur du Ruh), et que c’est le Jinni l’agent corrupteur, qu’il soit d’un saint ou même d’un prophète (car même les esprits des pieux ont été conçus avec un Shayt, aussi infime soit-il). ↩︎
  3. Ne lui reste de pieux que son reliquat de Fitra, qui n’est en fait que ce qui lui reste de sa lumière initiale après OPA du Shayt — un peu comme le faisceau moribond d’une lampe de poche qui n’a pas assez de portée pour éclairer le ciel et permettre de le contempler : il s’agit d’une lumière stagnante, et seule l’ouverture de Ruh, en lui, serait à même de libérer un flux de lumière vive suffisamment puissant pour monter jusqu’à son Seigneur (en fait c’est ALLAH ﷻ Qui, du plus profond du cœur qui correspond aux Domaines Divins Les Plus Élevés, déclenche à distance l’ouverture du flux montant de Ruh, dont la base, on le rappelle, est le corps — et plus précisément l’enveloppe cardiaque, qui fait la jonction entre le reste du corps qui se trouve au-delà de cette enveloppe, et la dimension spirituelle qui se trouve en-deça ; donc, ALLAH ﷻ déclenche l’ouverture du flux montant de Ruh au niveau de l’enveloppe cardiaque, ce qui a pour effet spirituel d’ouvrir et baliser graduellement le chemin jusqu’à LUI, et pour effet matériel de soumettre durablement et de manière constante le corps aux adorations) ; sachant qu’il faut au moins un ratio Fitra/Shayt de 50/50 pour être en capacité de prier et d’invoquer ALLAH ﷻ — ce qui ne correspond pas encore à la piété, sans être toutefois de la mécréance — et ce ratio est bien plus répandu qu’on ne le croit. ↩︎

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