بسم الله الرحمن الرحيم
Lors du mariage Zawj entre le corps et le Jinni Qarîn, le Shayt du Jinni investit naturellement le sang du corps : d’abord en sommeil pendant la phase de Fitra élémentaire de l’enfance, il va progressivement se réveiller au fur et à mesure de la satisfaction des besoins primaires du corps, au plaisir de laquelle il va s’attacher et dont il n’aura de cesse d’inciter à la répétition gratuite, au-delà du nécessaire — et ces besoins primaires qui génèrent de la satisfaction sont avant tout des besoins alimentaires ; c’est ainsi que, par la suite, de fil en aiguille, d’expérience en expérience, il se nourrira de toutes les substances toxiques qui rentrent dans le sang, à commencer par les sucreries et les graisses (qui sont bien les premières causes du mal malgré leur aspect relativement inoffensif1), et en poursuivant par les alcools et les stupéfiants, incitant sans fin Nafs dont il est le moteur à la consommation de toutes ces substances, afin qu’il puisse s’en alimenter en permanence.
Ainsi alimenté, le Shayt gagnera en énergie et en puissance (mais aussi en confiance) et, sur la base de ces maladies primaires installées que sont l’addiction aux matières grasses et aux sucreries, l’alcoolisme, et la toxicomanie, il incitera au développement des maladies secondaires que sont principalement l’addiction sexuelle (avec des manifestations et conséquences allant du fantasme au meurtre en passant par l’exhibition, la fornication, le viol…) et l’addiction à l’argent (avec pour manifestations et conséquences le vol, l’escroquerie, le meurtre crapuleux…), suivies de leurs inévitables effets que sont toutes les perversions de l’âme (orgueil, jalousie, mensonge, sadisme…) Et c’est un fait que la plupart des pervers sexuels et des voleurs sont d’abord des consommateurs réguliers d’alcools et/ou de drogues, substances qui génèrent leurs vices secondaires et sans lesquelles ils ne les développeraient pas — d’où l’importance du jeûne, qui permet d’empêcher que ces substances psychoactives ne pénètrent le sang et n’alimentent le Shayt2.
Et ces maladies secondaires prendront, chez certains, une telle ampleur, qu’elles en deviendront particulièrement tenaces — voire quasi impossibles à éradiquer : continuant de circuler dans le sang avec le Shayt qui les porte, elles remonteront au cœur et s’y fixeront, et cela se traduira en pulsions et passages à l’acte : le sujet aura beau résister, rien n’y fera, il sera impuissant ; et il n’y a rien d’autre à faire, dans ces cas extrêmes, que d’entamer et poursuivre un traitement de fond à base de Dhikr et d’Istighfar — le Dhikr nettoyant le cœur des péchés inscrits en taches, et l’Istighfar repoussant le mal du cœur et finissant par l’enlever du sang3 ; mais il s’agit là d’un traitement très long, qui implique une intention sincère sur la base de laquelle ALLAH ﷻ finira par accorder Miséricorde et Guérison — et c’est là (cette Niya) LA condition exclusive.
On précise ici que même les prophètes sont dotés par ALLAH ﷻ d’un Shayt (mais réduit, atrophié), ce qui explique notamment l’état de colère et de démission de Yunus, et celui de meurtrier de Moïse ; et on note que tous deux, conscients de cette influence de leur Shayt, reconnaissent spontanément s’être fait du tort à eux-mêmes, et invoquent ALLAH ﷻ — et là est la différence entre les prophètes et les hommes lambda : quand les seconds demeurent durablement sous l’influence de leur Shayt, les premiers, dont Ruh domine, s’en extraient aussitôt pour revenir à ALLAH ﷻ ; mais il fallait bien ce Shayt réduit pour humaniser les prophètes et leur donner force d’exemple — celui du comportement à adopter face à son Shayt ; et pour donner espoir aux hommes qui peuvent ainsi se dire : « Si même les prophètes ont un Shayt, c’est qu’on n’est pas forcément plus mauvais qu’eux, qu’ils sont comme tout le monde4, et que comme eux on peut venir à bout de son Shayt en retournant à ALLAH ﷻ ».
- Quand le Taghut nous incite à ne pas manger « gras, salé, sucré », ça n’est pas pour nous dissuader (bien au contraire puisque c’est dans le cadre de publicités incitatives — et c’est particulièrement pervers), mais pour nous compromettre en nous faisant fauter en connaissance de cause — ce qui constitue le péché. ↩︎
- Un Shaytan est, par définition, un individu dominé par son Shayt, et dont cette domination est telle qu’elle déborde sur d’autres individus — car le Shayt d’un seul individu permet, de l’extérieur, de réveiller celui d’autres Anfus. ↩︎
- Le Dhikr, curatif, traite ce qui est fait ; l’Istighfar, préventif, traite le mal à la racine, l’extirpant du Shayt qu’il réduit et affaiblit ainsi : il empêche ce mal de revenir et le détruit à petit feu. ↩︎
- En réalité, factuellement et structurellement, les prophètes (ainsi que les pieux créés de leurs souffles) sont bien meilleurs que les hommes lambda, dont le Shayt est plus important et développé. ↩︎

